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INSOLITE - Publié le 17/07/2019 à 21:11


Le chien, meilleur ami de l'homme contre les punaises de lit


AFP

Le flair de Nova est infaillible. En quelques secondes, cette working cocker de 15 mois détecte la présence de punaises de lit. Elle jappe, remue la queue. Son maître lui lance un bravo. Et une balle pour la féliciter.Nova est le deuxième chien à être formé au coeur de cette ancienne caserne militaire de Magnac-Laval, en Haute-Vienne.

Jacky Experton, ancien militaire spécialisé dans les recherches cynophiles de stupéfiants ou d'explosifs, a créé cette formation de 10 à 12 semaines proposée par la société de sécurité Seris, locataire des lieux.

En arrivant à repérer, au flair, ces insectes hématophages de la taille d'un pépin de pomme, les canidés offrent une localisation rapide et précise des nids à la société qui sera chargée de traiter les lieux infestés. La quantité d'insecticide utilisée sera moins élevée. L'intérêt est donc économique et écologique.

"C'est un marché émergent. Les punaises de lit se développent de manière exponentielle en France. Et nous n'arrivons pas à tout traiter. Or les chiens étaient jusqu'à présent formés aux Etats-Unis. On ne remplace pas les services de neutralisation mais nous offrons un moyen infaillible de détection ", affirme Jacky Experton. Aucun diplôme ne sanctionne cette "formation", d'où l'idée de l'ancien militaire de la faire valider par huissier. Coût de la formation : 12.000 euros.

Deux qualités sont demandées aux animaux. La première : être de petit gabarit pour se faufiler partout. "Difficile pour un malinois de se glisser facilement sous un lit", résume Jacky Experton. La seconde : il faut qu'ils soient joueurs. "Nous associons l'odeur dégagée par la punaise à une balle, ou un jouet. Chaque fois qu'il arrive à retrouver cette odeur particulière, il sait qu'il va avoir sa récompense. C'est de cette manière que nous les formons."

Aux côtés des salles aménagées pour la détection d'explosif ou la recherche stupéfiants, l'une d'elle est désormais consacrée aux punaises. Quelques boîtes sont accrochées à un mur dont l'une contient les insectes suceurs de sang. Guidée par son maître Patrick Claude, Nova arpente la salle et ne met que quelques secondes à les détecter. Dans un autre bâtiment, un appartement entier a été reproduit. Chaises, lits, bureaux, malles rendent l'accès plus difficile. Nova saute sur un bureau, plonge sous le lit et marque l'essai !

"Les nez électroniques n'ont pas encore atteint l'odorat du chien", affirme Jacky Experton.

- Théâtres, maisons ou HLM -

Fléau nocturne des particuliers, les punaises de lit envahissent les logements des particuliers, des offices HLM, ou autres salles de spectacles. C'est dans ce type d'endroit que le propriétaire de Nova, Patrick Claude, deuxième maître chien à être formé dans ce centre haut-viennois, espère intervenir. Après l'été, il compte créer une structure dans les environs de Bordeaux.

"Une femelle peut pondre 5 oeufs par jour, c'est considérable. Et elle peut vivre durant deux ans", analyse Laurent Renouard-Vallet, formateur cynotechnique. "On est très vite débordé. Bien souvent les gens veulent traiter eux-mêmes et ce n'est pas la meilleure chose à faire. Les punaises ont développé des résistances aux insecticides et il est très compliqué de s'en débarrasser. Plus vite elles sont localisées, plus vite on peut en venir à bout en faisant appel à une société spécialisée."

Le chien a également la faculté de distinguer les punaises mortes des vivantes. "Ce qui permet de faire revenir l'animal une fois le traitement effectué et de savoir s'il a été efficace", dit Laurent Renouard-Vallet.

C'est dans ce même centre de Magnac-Laval qu'un autre projet baptisé Kdog a été initié il y a quelques années. Des chiens ont été utilisés pour détecter le cancer du sein sur une lingette imprégnée de la transpiration ou de tissus prélevés sur un sujet.

Ce projet, né en 2013 d'une rencontre entre Isabelle Fromantin, chercheuse à l'Institut Curie et les équipes cynophiles de Jacky Experton, a débouché sur une étude clinique d'une durée de trois ans, de 2018 à 2021, portant sur un échantillon de 1.000 femmes.

Les six premiers mois ont été "positifs à 100%" assure l'Institut.

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