ACCUEIL | FLUX RSS
Lundi 1 Juin 2020

SANTE - Publié le 16/10/2019 à 14:44


Les enfants japonais champions de la santé grâce au déjeuner scolaire


AFP

Le Japon réalise l'exploit pour un pays développé d'avoir d'excellents indicateurs pour la nutrition et la santé de ses enfants tout en maintenant une incidence très basse de l'obésité. Son secret? Le déjeuner scolaire.

Un rapport du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) publié mardi place le Japon au premier rang pour la santé infantile, avec de faibles taux de mortalité et un très petit nombre d'enfants au poids insuffisant.

Mais ce pays parvient également à avoir le taux d'obésité chez l'enfant le plus bas parmi 41 pays développés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'Union européenne.

Selon les experts, plusieurs facteurs entrent en jeu parmi lesquels l'attention particulière portée par les Japonais à la santé, des contrôles médicaux réguliers organisés pour les enfants, et surtout le rôle clé du déjeuner scolaire.

"Des déjeuners dont le menu est décidé par des nutritionnistes sont servis dans toutes les écoles primaires et dans la majorité des collèges à travers le Japon", explique à l'AFP Mitsuhiko Hara, un pédiatre et professeur à l'université Tokyo Kasei Gakuin.

Les déjeuners sont obligatoires, les plats ou casse-croûtes apportés ne sont pas autorisés. La plupart ne sont pas gratuits mais ils sont fortement subventionnés.

Chaque repas est calibré pour comporter environ 600-700 kilocalories réparties de manière équilibrée entre glucides, viandes et légumes.

Un repas scolaire de la région de Gunma (centre) en donne une idée: riz avec poisson grillé et un plat d'épinards et de germes de soja, servis avec une soupe de miso au porc, le tout accompagné de lait et de pruneaux.

"Le déjeuner scolaire est étudié pour apporter les éléments nutritionnels qui tendent à manquer dans les repas consommés à la maison", explique à l'AFP une responsable du ministère de l'Education, Mayumi Ueda.

"Je pense qu'il contribue à l'équilibre alimentaire nécessaire aux enfants".

- Manger et apprendre à manger -

Et ces déjeuners ne servent pas seulement à nourrir les enfants mais aussi à les éduquer.

"Il y a également une annonce audio quotidienne diffusée à l'école pour expliquer les éléments nutritifs contenus dans le déjeuner du jour et c'est une bonne manière d'éduquer les enfants", selon M. Hara.

Dans les écoles primaires, les élèves utilisent des aimants ornés d'images d'aliments qu'ils placent dans différentes catégories sur un tableau blanc, apprenant ainsi à distinguer par exemple les protéines des glucides.

"La loi dispose que le déjeuner scolaire doit être une partie intégrante de l'éducation", dit Mme Ueda. "Il ne s'agit pas seulement de se nourrir: les enfants apprennent aussi à servir les aliments et à débarrasser eux-mêmes la table".

Le gouvernement étudie chaque année la nutrition et les habitudes alimentaires et utilise les résultats de ces enquêtes pour adapter les déjeuners scolaires, ajoute-t-elle.

La pratique du déjeuner scolaire remonte au Japon à 1889, lorsque des boules de riz et du poisson grillé étaient distribués aux enfants pauvres de la préfecture de Yamagata, dans le nord de l'archipel.

Le programme a été étendu au reste du pays après la Seconde Guerre mondiale, pour lutter contre la malnutrition infantile à une époque de graves pénuries alimentaires.

- Contrôles médicaux -

D'autres facteurs jouent également, ajoute M. Hara.

"De nombreux Japonais étant attentifs à leur santé, ils s'efforcent de manger de manière variée, ce qui est bien", dit-il.

"Et on nous apprend à manger les produits de saison, ce qui contribue aussi à une bonne santé. Le Japon est un des rares pays qui prêtent une telle attention aux aliments évoquant chaque saison", relève-t-il.

Les résultats apparaissent clairement dans les statistiques: le Japon a un des taux de mortalité infantile les plus bas et la proportion d'enfants âgés de 5 à 19 ans en surpoids ou obèses est de 14,42%, bien moins que dans la plupart des pays développés.

Sur ce dernier critère, les Etats-Unis sont au premier rang du classement de l'Unicef avec 41,86%, l'Italie a un taux de 36,87% et la France de 30,09%.

M. Hara explique par ailleurs qu'un contrôle médical régulier vient parachever tout ce système. Parents et enfants reçoivent des rappels de la part des autorités de leur lieu de résidence, tandis que les enfants ont un examen médical à l'école, comprenant la mesure du poids et de la taille.

Le Japon n'échappe cependant pas à la tendance d'un nombre croissant d'enfants en surpoids ou obèses, un phénomène concernant comme ailleurs plus souvent les familles pauvres.

"Les enfants de milieux pauvres ont plus de risque d'être en surpoids car leurs familles essayant de réduire les coûts, ils mangent moins de protéines et plus de glucides", explique-t-il.

"Une grande partie des carences alimentaires est compensée par le déjeuner scolaire qui sert ainsi aussi à sauver les enfants vivant dans la pauvreté".

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Confinement: un quart des fumeurs a augmenté sa consommation de tabac
Le manque de sommeil pourrait augmenter la fréquence des crises d'asthme chez les jeunes adultes
Les Français ont mieux vécu le confinement grâce à... leur chien
Enfant autiste : un animal domestique peut alléger le stress familial
Les masques grand public, mode d'emploi
Complications inflammatoires, neurologiques, cardio: les mauvaises surprises de Covid-19
Une maladie peut-être liée au coronavirus touche des enfants au Royaume-Uni
Une étude suggère que le Covid-19 ne serait pas sexuellement transmissible
Coronavirus: une vacherie qui réserve des surprises
Deux chats malades du coronavirus à New York
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Les lampes à UV lointains, future arme antivirus dans les lieux publics?
Le manchot royal, producteur fécond de gaz hilarant
Durant la pandémie, les concerts continuent, dans des jeux vidéos
Le recul s'accélère en Afrique pour la forêt, mère nourricière des plus fragiles
Réchauffement: le niveau des océans pourrait monter de 1,3 mètre d'ici 2100
 LES PLUS LUS 
L'eau sur Mars s'est volatilisée il y a 3,5 milliards d'années
Un accélérateur de particules pour révéler les secrets de papyrus vieux de 2.000 ans
Un exosquelette connecté au cerveau permet à un patient tétraplégique de marcher
Le stress prénatal chez les futures mères pourrait nuire au développement cérébral de l'enfant à naître
Les prochains astronautes sur la Lune sautilleront moins
L'homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécu en 2021
Le Nobel de médecine couronne la recherche sur l'adaptation du corps au manque d'oxygène
La pratique régulière du sport pourrait améliorer la santé cardiovasculaire à n'importe quel âge
Des baleines adaptent leur communication pour protéger leurs bébés
Une nécropole romaine exceptionnelle mise au jour à Narbonne
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2020 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.066 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.