ACCUEIL | FLUX RSS
Mercredi 8 Avril 2020

SANTE - Publié le 16/10/2019 à 14:32


Les défenseurs du vapotage sur des charbons ardents


AFP

Inquiets des "confusions" faites par le grand public après l'épidémie de morts aux Etats-Unis, acteurs du secteur et médecins spécialistes de l'addiction montent au créneau pour défendre la cigarette électronique comme moyen sûr et efficace d'arrêter le tabac.

"Le vapotage est un outil efficace de réduction des risques", a plaidé le Pr Benoît Vallet, ancien directeur général de la santé (le numéro 2 du ministère), lundi à la tribune du Sommet de la vape à Paris.

Organisé par l'association pro-vapotage Sovape, cet événement a pris un relief particulier à cause de la mystérieuse épidémie qui a pour l'instant fait 26 morts et 1.300 malades pulmonaires sévères aux Etats-Unis.

"Le plus dommageable, c'est que ça jette le doute", assure à l'AFP Sébastien Roux, directeur général d'une autre structure du secteur, le Crivape, qui organise jeudi à Paris sa propre table ronde.

Dans les trois quarts des cas, les malades américains ont consommé dans leur cigarette électronique des produits au THC, l'agent psychoactif du cannabis, souvent achetés illégalement. Mais les causes exactes de l'épidémie sont toujours inconnues.

Depuis son déclenchement cet été, les pro-vapotage s'emploient à distinguer les situations française et américaine. "Le marché américain est beaucoup moins réglementé. Ici, on ne peut pas mettre n'importe quoi dans un liquide", souligne M. Roux.

Pour autant, difficile de dissiper les peurs du grand public, soupirent les acteurs du secteur.

D'après un sondage BVA réalisé pour Sovape en septembre, 3 Français sur 5 pensent désormais que vapoter est au moins aussi dangereux que fumer, à rebours du consensus scientifique.

Avec 1,8 million de vapoteurs quotidiens et 820 millions d'euros de chiffre d'affaires, la France est le 3e marché mondial de l'e-cigarette après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, selon une étude du cabinet Xerfi en 2018.

Mais à cause de l'épidémie américaine, les boutiques françaises "ont vu leur chiffre d'affaires moyen baisser de 20 à 30%", assure Sovape.

"Au contraire, en septembre, les ventes de tabac n'ont presque pas baissé. Si ça se confirme, cela démontrera que dénigrer à ce point la vape fait que les gens continuent de fumer", s'alarme auprès de l'AFP le pneumologue Bertrand Dautzenberg, autre intervenant du sommet de la vape. Le tabac fait 75.000 morts par an en France, essentiellement de cancers et problèmes cardiovasculaires.

- "Paradoxe" -

"La combustion tue, la désinformation aussi", tonne de son côté Jacques Le Houezec, spécialiste de la dépendance et ex-président de Sovape.

"La fumée du tabac est un mélange complexe qui contient 7.000 composés et 69 carcinogènes", poursuit-il.

Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage, et non la combustion, d'un liquide qui contient la plupart du temps de la nicotine, hautement addictive mais pas cancérigène.

C'est pourquoi les médecins considèrent que si on fume déjà, le vapotage est moins nocif que la cigarette.

Malgré cela, des appels à la prudence se multiplient ces derniers mois, en raison du peu de recul dont on dispose sur les e-cigarettes, vendues depuis le milieu des années 2000.

En juillet, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé que ces dispositifs étaient certes "probablement moins toxiques que les cigarettes" mais étaient "incontestablement nocifs et (devaient) être régulés".

La prestigieuse revue britannique The Lancet, elle, vient de publier un éditorial sévère appelant à mettre sur le même plan vapotage et cigarettes en termes de santé publique.

"Les fabricants de e-cigarettes et certains spécialistes de santé publique les considèrent comme un outil de sevrage et une alternative plus sûre que la cigarette. Mais peu de preuves soutiennent ces affirmations", juge The Lancet.

Ces incertitudes expliquent pourquoi le ministère de la Santé, comme l'OMS, n'inclut pas le vapotage dans son arsenal de prévention du tabagisme (augmentation des prix, remboursement des patchs et opération Mois sans tabac, qui démarrera le 1er novembre).

Dans le même temps, l'Agence sanitaire Santé publique France estime que 700.000 fumeurs quotidiens ont arrêté le tabac avec l'aide de la cigarette électronique entre 2010 et 2017.

Benoît Vallet y voit "le paradoxe d'un principe de précaution qui s'oppose à une méthode de réduction des risques".

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Les enfants apprennent plus facilement au contact d'une personne qu'ils jugent fiable
Les enfants et les écrans: des risques et des bénéfices
Il y a plus dangereux que le coronavirus
On sait désormais pourquoi les cheveux peuvent blanchir sous l'effet du stress
Le régime cétogène fonctionne, mais il aurait des effets délétères à long terme
Coronavirus: un touriste chinois, quatrième cas avéré en France
Deux fois moins de maux de tête grâce au cannabis thérapeutique ?
Les couettes et oreillers en plume peuvent être nocives pour les poumons, alertent des médecins
Cancers : les plus pauvres, les moins armés
De moins en moins d'additifs dans nos assiettes
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Deux vieux satellites vont se frôler au-dessus des Etats-Unis
Au Nicaragua, un artiste vit en ermite pour sculpter la montagne
Qu'est-ce qui pousse certaines personnes à considérer les femmes comme des objets sexuels ?
Les enfants apprennent plus facilement au contact d'une personne qu'ils jugent fiable
Les enfants et les écrans: des risques et des bénéfices
 LES PLUS LUS 
L'eau sur Mars s'est volatilisée il y a 3,5 milliards d'années
Un accélérateur de particules pour révéler les secrets de papyrus vieux de 2.000 ans
Un exosquelette connecté au cerveau permet à un patient tétraplégique de marcher
Des baleines adaptent leur communication pour protéger leurs bébés
Les prochains astronautes sur la Lune sautilleront moins
Le Nobel de médecine couronne la recherche sur l'adaptation du corps au manque d'oxygène
L'homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécu en 2021
Une nécropole romaine exceptionnelle mise au jour à Narbonne
Le stress prénatal chez les futures mères pourrait nuire au développement cérébral de l'enfant à naître
La pratique régulière du sport pourrait améliorer la santé cardiovasculaire à n'importe quel âge
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2020 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.055 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.