ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 20 Juin 2019

INSOLITE - Publié le 22/05/2019 à 17:17


Le compost humain légalisé dans l'État de Washington


AFP

Les habitants de l'État de Washington ont désormais un autre choix que l'enterrement classique ou la crémation : une loi va permettre aux défunts d'être transformés en «compost humain», et ainsi retourner littéralement à la terre.

La loi autorisant la «réduction organique naturelle» - officiellement définie comme la «conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus» - a été adoptée fin avril par le parlement local, une première aux États-Unis.

Elle a été promulguée mardi par Jay Inslee, gouverneur démocrate de cet État très progressiste et qui est candidat à l'élection présidentielle de 2020 sur un programme misant beaucoup sur l'écologie.

La mesure doit entrer en vigueur en mai 2020.

«La recomposition offre une alternative à l'embaumement et à l'inhumation ou à la crémation, elle est naturelle, sûre, durable et permet des économies importantes en matière d'émissions de CO2 et d'utilisation des terres», plaide Katrina Spade, qui a promu la loi auprès des élus locaux.

La jeune femme s'est prise de passion pour ces solutions alternatives à l'inhumation voici plus de 10 ans, et elle a fondé à Seattle la société Recompose, qui a mis au point un processus de compostage humain qu'elle s'apprête à commercialiser.

Selon les détails communiqués par l'entreprise, il s'agit tout simplement d'accélérer le processus naturel de décomposition du corps en le plaçant avec de la paille, des copeaux de bois et de la luzerne dans un conteneur, où sont créées les conditions idéales d'humidité et d'oxygénation pour que les bactéries fassent leur travail.

«Tout est recomposé, y compris les dents et les os», écrit Recompose, précisant «mélanger» le conteneur à plusieurs étapes pour récupérer d'éventuels plombages dentaires, stimulateurs cardiaques et autres prothèses qui ne seraient pas biodégradables.

Au bout de 30 jours environ, «le matériau que nous rendons aux familles est très semblable au terreau que vous pourriez acheter dans votre pépinière», assure la start-up.

La méthode produit environ un mètre cube d'humus, soit l'équivalent de deux brouettes, que les familles pourraient répandre dans leur jardin, voire utiliser pour faire pousser un arbre à la mémoire du défunt.

Testé scientifiquement

Le procédé mis au point par Recompose est semblable à celui déjà en usage depuis des décennies dans l'agriculture pour transformer les carcasses d'animaux. Il a été testé scientifiquement en 2018 avec l'université de l'État de Washington à l'aide de six corps légués par des volontaires.

«Nous avons trouvé que les méthodes utilisées pour le compostage du bétail étaient aussi efficaces sur les humains», affirme ainsi le docteur Lynne Carpenter-Boggs, spécialiste des sciences du sol, qui explique juste «avoir modifié les matériaux utilisés pour les rendre acceptables socialement».

Selon les statistiques citées par Recompose, plus d'un Américain sur deux en moyenne choisit de se faire incinérer et l'État de Washington est dans le peloton de tête avec 76% de crémations.

Pour Katrina Spade, cette nouvelle option est aussi riche de spiritualité : «L'idée de retourner à la nature de manière aussi directe et d'être placé de nouveau dans le cycle de la vie et de la mort, est en fait assez belle».

La conférence épiscopale de l'État de Washington n'est pas de cet avis et a officiellement pris position contre cette loi dans une lettre transmise au parlement local : «L'Église catholique croit que traiter des restes humains de cette manière ne fait pas suffisamment preuve de respect pour le corps du défunt».

Et les entreprises de pompes funèbres n'apprécient guère cette concurrence. Recompose prévoit de facturer 5500 dollars pour une «réduction organique», davantage que le prix moyen d'une crémation mais moins qu'un enterrement avec cercueil.

Les méthodes d'inhumation «vertes» ont le vent en poupe aux États-Unis où des firmes proposent des cercueils bio, voire une inhumation avec un simple linceul, sans cercueil, dans les villes l'autorisant.

L'acteur Luke Perry, star de la série Beverly Hills 90210 soudainement décédée début mars, a été enterré vêtu d'un costume à base de champignons et d'autres micro-organismes, conformément à ses voeux.

Baptisée «Infinity», cette «tenue funéraire» développée par la start-up californienne Coeio «aide la décomposition du corps, contribue à neutraliser les substances toxiques et transfère les nutriments à la vie végétale» à l'issue du processus.

Elle est vendue 1500 dollars et les «livraisons en urgence» sont envisageables, précise le site internet de Coeio.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Un tour d'évasion tourne au drame: le corps du magicien retrouvé dans le Gange
Dîner sous l'eau mais au sec dans le premier restaurant sous-marin d'Europe
Un ordinateur contenant six virus vendu 1,3 million de dollars
Un homme ingère 246 sachets de cocaïne et meurt en plein vol
Perdue en forêt pendant 15 jours, une Américaine retrouvée vivante
Le compost humain légalisé dans l'État de Washington
Embrasse ta vache, le défi qui ne fait pas rire l'Autriche
Le Népal balaye la découverte d'empreintes de yéti
Quand les fans de Star Wars fabriquent leurs propres sabres laser
Un serpent à trois yeux découvert en Australie
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Un tour d'évasion tourne au drame: le corps du magicien retrouvé dans le Gange
Des chercheurs dissèquent le regard attendrissant du chien
Les fragments de Lune d'Apollo ont transformé la connaissance de l'univers
Les émotions morales, un outil pour diagnostiquer la démence fronto-temporale ?
Un nez artificiel conçu pour aider les médecins à identifier les tissus cancéreux pendant la chirurgie
 LES PLUS LUS 
Planète: la seule issue se trouve sous terre, selon certains experts
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Un régime riche en viande accroît le risque de mortalité
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.050 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.