ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 24 Janvier 2019

TECHNOLOGIES - Publié le 03/12/2018 à 12:51


Attaque sur les petits écrans: le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique



L'action se passe dans les années 1950. Une armée d'humains anéantit une colonie d'extraterrestres. Les mains sur son téléphone, les yeux rivés sur son petit écran, le fabricant de jeux vidéo sud-africain Simon Spreckley s'amuse comme un fou avec sa nouvelle création conçue pour les mobiles.

"Le taux de pénétration du téléphone portable en Afrique est très élevé. Les gens possèdent souvent deux, voire trois téléphones. C'est la folie", estime le tout juste quadragénaire, vêtu d'un tee-shirt représentant "Brute", du nom de l'extraterrestre à quatre bras tout droit sorti de son dernier jeu, "Invasion Day".

Comme Simon Spreckley, de nombreux développeurs africains optent pour la création de jeux destinés aux téléphones et tablettes, et non aux consoles traditionnelles comme la PlayStation ou les ordinateurs fixes.

"L'Afrique a énormément de potentiel parce que c'est un continent essentiellement de mobiles", explique Sidick Bakayoko, 34 ans, fondateur de Paradise Game, qui regroupe des développeurs ivoiriens.

"On a fait ce bond technologique. Au lieu de passer par le PC, nous sommes allés directement au mobile", dit-il à l'AFP à l'occasion de la convention Africa Games Week, qui a réuni au Cap du 28 novembre au 2 décembre codeurs de jeux, développeurs, artistes et géants de l'industrie.

"Aujourd'hui, il est très facile de se payer un téléphone mobile grâce à un certain nombre de smartphones à bas prix", assure Sidick Bakayoko, alors que des mordus de jeux vidéo testent à côté de lui de nouvelles créations.

Le nombre croissant de jeux africains pour les appareils mobiles s'explique aussi par l'explosion des moyens bancaires sur portable, comme Mpesa au Kenya, un système de transfert d'argent via téléphone mobile.

"En Afrique, beaucoup de gens n'ont pas de carte bancaire, mais il existe des solutions de paiement électronique grâce aux télécommunications", qui permettent d'acheter des jeux vidéo en ligne, poursuit Sidick Bakayoko.

"Il y a effectivement un potentiel au niveau des jeux mobiles et du paiement électronique. Ca marche très bien au Kenya par exemple (...) Il n'y a pas de raison pour que le reste de l'Afrique ne puisse pas prendre le train en marche."

- Gros potentiel -

Autre avantage des jeux sur portable, ils ne sont pas trop gourmands en data, alors que l'internet peut être cher et lent dans certaines régions du continent.

"Au Nigeria, il y a même des jeux pré-téléchargés sur les téléphones parce que le data est très cher", explique Evan Greenwood, directeur du principal studio de jeux vidéo en Afrique du Sud, Free Lives.

"Le potentiel est là (en Afrique) mais le data doit être plus accessible", insiste-t-il. Et évidemment "il faut fabriquer de bons jeux".

Pour attirer les passionnés, "Invasion Day" sera gratuit à télécharger mais les joueurs pourront acheter des mises à jour.

Dans ce contexte, nombre de développeurs africains rencontrent des difficultés à transformer leurs créations en monnaie sonnante et trébuchante.

"Point Point", création ivoirienne basée sur un jeu d'enfants traditionnel sur papier, et "Gazkar" de Madagascar, qui met en scène la mythique 2CV, sont populaires parmi les joueurs, mais ils ne sont toujours pas rentables.

La récente décision en juin de Google de monétiser, et non plus de proposer en téléchargements gratuits sur son" play store", des jeux de différents pays africains dont le Nigeria, le Zimbabwe, l'Afrique du Sud et la Tanzanie pourrait cependant changer la donne.

"Invasion Day", créé par une équipe de huit personnes travaillant pour VSUS, un développeur basé au Cap, devrait être lancé en 2019 sur cette plateforme et probablement l'App Store d'Apple.

Le marché est prometteur, selon le géant de l'audit PwC, qui estimait en 2017 que "les revenus des jeux de consoles et de PC allaient perdre des parts de marché au profit des jeux" proposés sur des appareils mobiles.

L'industrie du jeu vidéo en Afrique, qui représente actuellement 310 millions de dollars par an, pourrait peser 642 millions de dollars d'ici à 2021, selon la même source.

Cancer : privés de larynx mais pas de leur voix, grâce à une application tchèque
En 2019, le Net va-t-il supplanter la télé?
Les internautes plus âgés partagent davantage d'infox
De l'eau potable avec de l'air, quand la tech vient au secours des sinistrés
Un milliardaire japonais bat le record du tweet le plus partagé de l'histoire
Au CES, les robots savent tout faire, même le pain
Télés, smartphones: cap sur les écrans pliables et enroulables
Un Google du dark web pour naviguer dans le monde obscur du net
Procrastination et GPA, vedettes 2018 des recherches Google
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Les enfants bilingues n'ont pas plus de facilités que les autres en matière de concentration.
Adopter un mode de vie similaire à celui des chasseurs cueilleurs permettrait de rester en bonne santé
La taille et le poids influenceraient plus la longévité féminine que masculine
Japon: un satellite lanceur de météorites en orbite pour un spectacle spatial inédit
La NASA et la Chine collaborent sur la Lune
 LES PLUS LUS 
Beurk ou miam? La différence est plus dans la tête que dans l'assiette
L'empire contre-attaque ou le retour de Microsoft au sommet
Climat: une ado en colère plaide en faveur des générations futures
Attaque sur les petits écrans: le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique
Microbiote: à la découverte de notre jardin intérieur
Naissance du premier bébé grâce à une greffe d'utérus d'une donneuse décédée
Une lettre d'Einstein sur Dieu vendue 2,89 millions de dollars
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
L'hiver est là, le charbon brûle, les Balkans suffoquent
Premier vol habité à destination de l'ISS depuis le lancement raté
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.049 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.