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Samedi 16 Fevrier 2019

RECHERCHE - Publié le 13/10/2018 à 12:44


Des souriceaux nés de souris de même sexe



Des chercheurs chinois ont réussi à donner naissance à des souriceaux en bonne santé à partir de souris de même sexe, mais cette technologie novatrice, qui pose de nombreuses questions éthiques, est encore loin d'être applicable à l'homme.

Ces travaux ont été publiés jeudi dans la revue spécialisée américaine Cell Stem Cell. Pour franchir la barrière qui empêche la reproduction entre parents du même sexe chez les mammifères, les chercheurs ont utilisé des cellules souches modifiées afin d'éliminer certains gènes.

L'expérience a été nettement plus concluante pour les souriceaux nés de deux souris femelles : ils sont 29 à avoir été produits ainsi à partir de 210 embryons et ont ensuite vécu jusqu'à l'âge adulte en étant capable se reproduire normalement.  

En revanche, les souriceaux créés à partir de deux mâles n'ont survécu que 48 heures et les chercheurs prévoient une étude plus poussée des raisons pour lesquelles le processus n'a pas fonctionné.

C'est la première fois que des recherches sur ce thème aboutissent à ce point.

« Les auteurs de l'étude ont fait un pas très important pour comprendre pourquoi les mammifères peuvent uniquement se reproduire par voie sexuée », commente un expert qui n'a pas participé à l'étude, le docteur Christophe Galichet.

« De précédentes études avaient montré que la reproduction de souris à partir de deux femelles étaient possibles [...]. Des souriceaux étaient nés, mais avaient subi des retards de développement », rappelle leDr Galichet, cité par le Science media centre.

En 2004, la toute première naissance d'une souris au matériel génétique exclusivement d'origine femelle avait été obtenue par une équipe japonaise.

Il existe à l'état naturel de nombreuses espèces capables de se reproduire via des méthodes n'impliquant pas un couple mâle/femelle.

Des reptiles, des amphibiens et des poissons peuvent se reproduire avec un seul parent, mais le processus est plus compliqué pour les mammifères.  

« Nous nous sommes intéressés à la question de savoir pourquoi les mammifères peuvent seulement subir une reproduction sexuée », explique l'un des auteurs de l'étude, Qi Zhou, de l'Académie chinoise des sciences.

Les mammifères héritent d'une moitié de leur génome de leur mère et de l'autre de leur père.

Au cours du processus de reproduction chez les mammifères, certains gènes sont soumis à un mécanisme essentiel au développement, appelé « empreinte parentale ».

« Impensable » pour les humains

En vertu de ce mécanisme, pour le même gène, la copie héritée du père et celle héritée de la mère ne s'expriment pas de la même façon : l'une est active et l'autre est éteinte.

Pour contourner ce mécanisme et donc réussir à créer des souriceaux à partir d'animaux du même sexe, les chercheurs chinois ont utilisé des cellules souches embryonnaires haploïdes (ne contenant qu'un exemplaire de chaque chromosome, et non deux comme pour la reproduction sexuée classique).

Ils ont ensuite modifié la composition génétique de ces cellules via un processus complexe, avant de les injecter dans un ovule de souris.

Le processus différait selon que les parents étaient deux souris femelles ou deux souris mâles. Il était plus complexe encore dans ce dernier cas.

Théoriquement, cette méthode, qui pose de nombreuses questions éthiques, pourrait permettre une nouvelle approche pour le clonage des mammifères, voire permettre la conception pour les couples humains homosexuels.  

Ces perspectives restent toutefois lointaines puisqu'en plus des considérations éthiques, ces méthodes se heurtent à des obstacles techniques.

« Il est impensable de créer un bébé humain de cette manière-là », estime le Dr Galichet, qui travaille au Francis Crick Institute, un centre de recherche biomédicale situé à Londres.

« Si quelqu'un voulait tenter de créer un bébé de couples lesbiens ou gays de cette façon, le seul fait de générer les cellules souches modifiées prendrait un temps considérable, avec une très faible perspective de succès à la fin », analyse-t-il.

« Le risque d'anomalies sévères est trop élevé et cela prendrait des années de recherche, sur différents types d'animaux, pour arriver à comprendre comment appliquer cette méthode en toute sécurité », renchérit un autre expert, le docteur Dusko Ilic, du King's College de Londres.

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