ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 26 Mai 2019

SCIENCE - Publié le 30/09/2018 à 20:01


Une tiquothèque pour connaître l'insecte suceur de sang



L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Champenoux (Meurthe-et-Moselle) a lancé auprès des particuliers une collecte de tiques pour créer une "tiquothèque" et mieux connaître l'acarien suceur de sang, potentiellement vecteur de pathologies, dont la maladie de Lyme.

Dans un bac, une pile d'enveloppes attend d'être ouverte : collées avec du ruban adhésif, un morceau d'essuie-tout ou du papier toilette, une ou plusieurs tiques de toutes tailles ont été dénichées en plein festin sur un humain ou un animal.

Et dans un tube, de gros spécimens gorgés de sang ont été prélevés sur les oreilles d'un renardeau.

Ce jour-là, les 35 enveloppes reçues proviennent de toute la France: Pyrénées-Atlantiques, Sarthe, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Meurthe-et-Moselle, et les départements savoyards.

Les bestioles sont placées dans un sac en plastique avec deux numéros permettant de remonter aux conditions de leurs prélèvements (animal ou humain piqué, sexe et âge de la personne, date, lieu).

L'ADN est ensuite extrait et étudié dans le laboratoire de Champenoux ou sur un site de l'Inra à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) qui observe le parasite suceur de sang depuis les années 2000.

Avec cette collecte inédite, l'institut souhaite créer une "tiquothèque" pouvant servir aux chercheurs du monde entier.

"C'est très précieux ce qu'il y a là-dedans, beaucoup d'investissement des citoyens et une banque de données très riche", dit Mme Frey-Klett en refermant la porte du congélateur où tout est précieusement conservé.

L'Inra a lancé à l'été 2017, dans le cadre du projet Citique, une collecte auprès des particuliers pour dresser une cartographie des tiques piqueuses et déterminer les différents agents infectieux transmis par ce parasite.

"Le projet est né de la volonté d'avoir d'un côté la recherche, et de faire avancer nos connaissances en profitant de l'observation des citoyens de leur environnement", déclare Pascale Frey-Klett, directrice de recherches à l'Inra à Champenoux.

- Réservoir à micro-organismes -

Une application "Signalement tique" a été lancée, en partenariat avec le ministère de la Santé et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et du travail (Anses). Plus de 11.000 signalements ont déjà été recensés, dont 7.000 au premier semestre 2018.

Des kits de collecte contenant une pince à tique et un tube de stockage sont régulièrement distribués au public arpentant forêts et prairies: professionnels, scouts, promeneurs, sportifs.

Plus de 3.100 missives ont été reçues au centre de Champenoux. "Plus on aura d'échantillons, plus on aura d'informations sur la tique, son comportement, sa répartition géographique", dit la directrice de recherche.

"Pour avoir une prévention efficace, il faut connaître de manière précise l'écologie des tiques", souligne-t-elle.

Entre juillet 2017 et avril 2018, 4.198 piqûres sur des humains ont été signalées, principalement sur des adultes de 20 à 60 ans (56%), le plus souvent dans les massifs forestiers (53%), mais aussi dans les jardins privés (27%).

La tique se nourrit de sang depuis son stade larvaire jusqu'à sa vie d'adulte. Depuis le sol, elle grimpe sur un animal ou un humain, parcourt son corps en détectant avec ses papilles un vaisseau sanguin auquel s'accrocher, en privilégiant les endroits chauds.

L'acarien à huit pattes est un réservoir à micro-organismes. Bactéries, virus et autres parasites transitent par ses glandes salivaires à chaque "repas de sang".

Il existe près de 900 espèces de tiques dans le monde, mais quelques-unes seulement transmettent des maladies. La plus connue est la borreliose de Lyme, qui peut entraîner notamment fatigue, douleurs articulaires et problèmes cardiovasculaires ou neurologiques. En France, 25.000 nouveaux cas sont recensés chaque année.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


De la bière des pharaons recréée avec une levure de 3.000 ans
Comment les mères bonobos aident leurs fils à se reproduire
Le nouvelle définition mondiale du kilogramme entre en vigueur
Un autre dinosaure-oiseau tenait compagnie à l'Archéoptéryx
L'ancêtre commun des humains modernes et de Neandertal sans doute plus ancien qu'on ne croyait
Hyptiotes cavatus, l'araignée qui se catapulte vers sa proie
A base de plantes ou de cellules, les alternatives à la viande foisonnent
Pour protéger la nature et l'Homme, la science prône des changements profonds
Egypte: découverte d'un cimetière de l'Ancien Empire à Guizeh
Italie : enquête sur l'ADN de Léonard de Vinci à partir d'une mèche de cheveux
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Plus de cinq tonnes d'écailles de pangolin saisies au Vietnam
SpaceX lance la première grappe de sa constellation de satellites
Les effets du soleil sur la peau : halte aux idées reçues
L'exposition aux pesticides des fleurs pourrait accroître la tension artérielle des enfants
Perturbateurs endocriniens: l'UFC-Que Choisir alerte sur certains produits à base de soja
 LES PLUS LUS 
Le KitKat au thé matcha débarque en Europe
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Un régime riche en viande accroît le risque de mortalité
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.064 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.