ACCUEIL | FLUX RSS
Samedi 16 Fevrier 2019

PLANETE - Publié le 17/08/2018 à 20:34


Un drone marin pour recenser et mieux protéger les cétacés en Méditerranée



Depuis la mi-juillet, un drone à l'allure de pirogue polynésienne navigue au large des côtes de Toulon, équipé de micros sous-marins pour enregistrer les sons émis par les cachalots. Grâce au Sphyrna, les scientifiques espèrent décrypter leurs déplacements pour mieux protéger ces espèces menacées.

Des cliquetis résonnent à intervalles réguliers puis s'accélèrent: derrière les oscillations qui s'affichent sur son ordinateur, Hervé Glotin, chercheur en bioacoustique à l'université de Toulon, ne cache pas sa surprise d'entendre aussi distinctement grâce au drone le passage d'un cachalot enregistré au large de la rade.

Le mammifère, quasi invisible, passe plus de 95 % de son temps sous l'eau à plus de 1000 mètres de profondeur dans la plus totale obscurité et l'étude acoustique reste encore le meilleur moyen de connaître ce cétacé, qui se dirige grâce à un sonar ultra-performant.

Habituellement, c'est grâce à des bouées qui divaguent dans les océans que les enregistrements sont effectués ou à des appareils embarqués sur d'imposants bateaux. Problème: ces études s'effectuent à point fixe et changent le comportement de l'animal.

Le Sphyrna commandé à distance peut, lui, suivre silencieusement les cachalots pendant des heures dans les abysses et capter les sons avec ses cinq micros sous-marins sur un rayon de 10 km et une profondeur de 2000 mètres. Il agit comme un «éclaireur», se félicite le scientifique.

De petites dimensions - 17 mètres de long et 4 de large -, ce bateau, qui pèse à peine plus d'une tonne grâce à ses coques en fibre de carbone, est particulièrement stable grâce à leurs formes asymétriques. Son profil effilé permet aussi de réduire les frottements avec l'eau, résume son concepteur Fabien de Varenne, à la tête de la start-up Sea Proven installée en Mayenne.

Tués par collision

Autant d'éléments qui permettent à ce drone silencieux, alimenté par des panneaux solaires, de ne pas parasiter les enregistrements sous-marins qui permettront de quantifier les spécimens au large de la Côte d'Azur.

«On estime leur densité dans cette zone entre 200 et 1000. Grâce à cette étude plus précise, on va pouvoir connaître leurs points de passage et les canyons où ils vont chercher de la nourriture», se réjouit M. Glotin.

L'enjeu est de taille pour les cachalots, dont la réduction de la population s'explique par la chasse, mais aussi par les heurts avec les navires, de plus en plus nombreux et rapides.

«C'est très difficile à évaluer, mais on estime entre deux et quatre par an le nombre de spécimens tués par collision sur la côte française méditerranéenne. C'est énorme!», souligne le professeur, qui espère réduire le nombre de victimes en adaptant les passages des transbordeurs aux déplacements de cet animal, qui pèse en moyenne 40 tonnes.

«Si le cétacé est équipé d'un sonar qui peut percevoir les bruits à une distance de 30 à 40 km, il s'en sert pour les fonds et non en direction de la surface» où il remonte en moyenne toutes les 50 minutes. «Quand il perçoit le bruit d'un moteur émis à l'arrière d'un navire, il pense dans le silence qui règne à l'avant du bateau disposer d'un espace sûr», explique M. Glotin.

«Le cachalot passe son temps à éviter les collisions, mais il y a des ratés», poursuit le chercheur qui veut démontrer que la pollution sonore perturbe ses déplacements et ses lieux de chasse.

«S'il ne se sent pas en sécurité, il ne viendra plus se reproduire. Et en l'absence de leur prédateur, d'autres espèces vont prendre le dessus comme les méduses qui se nourrissent elles-mêmes de larves de poissons, au grand dam des pêcheurs», relève-t-il.

Les premiers enseignements des milliers de données collectées tout au long de l'été sont attendus dès septembre.

Action en justice contre la chasse au dauphin au Japon
Le zoo de Chester diffuse de rares images de pangolins géants
Fukushima: un robot confirme la possibilité de soulever du combustible fondu
Les énergies renouvelables progressent en Europe
La Zambie veut abattre 2000 hippopotames, les ONG indignées
Une rare panthère noire photographiée en Afrique
Des bases américaines menacées par le changement climatique
Prédire la floraison des cerisiers, très sérieuse mission au Japon
Les insectes, un déclin mondial sans précédent
Le nord-est de l'Australie frappé par des pluies de moussons exceptionnelles
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
L'OMS cible le volume audio des smartphones et MP3
Action en justice contre la chasse au dauphin au Japon
Le zoo de Chester diffuse de rares images de pangolins géants
Fukushima: un robot confirme la possibilité de soulever du combustible fondu
La Gaming Academy, une école pour e-sportifs à Lyon
 LES PLUS LUS 
Beurk ou miam? La différence est plus dans la tête que dans l'assiette
L'empire contre-attaque ou le retour de Microsoft au sommet
Microbiote: à la découverte de notre jardin intérieur
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
Climat: une ado en colère plaide en faveur des générations futures
Une lettre d'Einstein sur Dieu vendue 2,89 millions de dollars
Attaque sur les petits écrans: le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique
Naissance du premier bébé grâce à une greffe d'utérus d'une donneuse décédée
L'hiver est là, le charbon brûle, les Balkans suffoquent
Premier vol habité à destination de l'ISS depuis le lancement raté
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.036 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.