ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 26 Mai 2019

INSOLITE - Publié le 14/08/2018 à 20:29


À Paris, les Uritrottoirs suscitent rires et grincements de dents



Un petit rectangle rouge surplombant la Seine fait rire les touristes. En plein coeur de la capitale, Paris poursuit son expérimentation d'«uritrottoirs», des urinoirs qui se veulent écologiques et sans odeur, mais font grincer des dents certains riverains.

«C'est plus facile d'aller aux toilettes, vous entendez l'eau. Il y a des gens qui ont parfois du mal», plaisante Jonathan, touriste new-yorkais. «Certains seront peut-être mal à l'aise», souligne tout de même le jeune homme qui travaille dans la publicité.

«Je suis le premier à l'utiliser ? C'est très confortable», lance en s'esclaffant un autre homme sous les rires de ses proches. En contrebas, les bateaux-mouches naviguent, apercevant à peine le sommet du petit bac rouge d'environ un mètre de large, surplombé de petites plantes.

Inventés par une petite entreprise du nord-ouest de la France, les «uritrottoirs» sont avant tout des urinoirs «écologiques» pour leurs concepteurs.

«L'urine est stockée avec de la matière sèche (de la paille, NDLR) qui peut ensuite être transformée en compost», explique à l'AFP Laurent Lebot, l'un des deux designers de l'entreprise Faltazi.

Alors que la ville de Paris avait déjà installé au printemps trois de ces urinoirs, des grondements ont accompagné l'arrivée du quatrième dans une rue calme de la très touristique Île Saint-Louis.

Une expérimentation

«Je trouve ça très bien, mais l'emplacement n'est pas le bon du tout», regrette Grégory, photographe de 43 ans qui habite le quartier depuis 3 ans, devant les micros de journalistes français et japonais. «Ils auraient pu le mettre directement sur les quais», déplore-t-il.

Mais les urinoirs doivent être accessibles par véhicule pour des raisons de vidange et pour changer la matière sèche toutes les 3 semaines.

«Je trouve ça dommage que la dimension écologique ne soit pas indiquée», ajoute le jeune homme.

Alertée par des amies du quartier, Françoise se dit «scandalisée» par un objet «vraiment pas très esthétique».

Leana, une jeune touriste russe, préfère en rire: «bien sûr que les touristes russes l'utiliseraient».

La mairie de Paris et celle du IVe arrondissement rappellent que ces urinoirs sont installés à titre expérimental, et pour répondre à une «demande des riverains».

«On est tout à fait prêts à discuter du lieu», assure Evelyne Zarka, première adjointe au maire de l'arrondissement Ariel Weil.

«Un "uritrottoir" mal placé sera difficilement accepté», reconnaît Laurent Lebot, qui convient du paradoxe d'un outil «pensé pour la nuit, mais visible le jour». «Le concept n'est pas qu'il trône au milieu du trottoir», dit-il.

«Et les femmes ?»

Comme celui qui trône sous une arcade discrète non loin de la gare de Lyon. Les plantes censées l'embellir sont sans vie, non aidées par les mégots et bouteilles en plastique jetés dessus.

Pas de quoi rebuter Scott Messori, touriste milanais: «j'aime beaucoup», sourit le jeune homme, se prêtant volontiers au jeu. «En Italie il n'y a rien de semblable».

Difficile en revanche de faire plus exposé que l'«uritrottoir» situé à une centaine de mètres du Moulin Rouge... et à une vingtaine de mètres de l'une des 400 sanisettes gratuites de Paris.

«Je crois que les touristes s'en fichent, mais pour des clients français, il faudrait l'enlever», soupire un barman à la terrasse la plus proche.

La police «ne souhaite pas qu'il y ait trop de dissimulation, pour ne pas retrouver les problèmes de drogue ou de sexe qu'il pouvait y avoir avec les vespasiennes, le curseur pudeur n'est pas facile à placer», explique Laurent Lebot.

Reste la critique la plus fréquente: «et les femmes, comment elles font ?»

«Pour des questions d'intimité il est indispensable d'offrir une cabine aux femmes. L'uritrottoir a pour intérêt de délester les sanisettes existantes (...) ainsi davantage réservées aux femmes», fait valoir l'entreprise.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Le compost humain légalisé dans l'État de Washington
Embrasse ta vache, le défi qui ne fait pas rire l'Autriche
Le Népal balaye la découverte d'empreintes de yéti
Quand les fans de Star Wars fabriquent leurs propres sabres laser
Un serpent à trois yeux découvert en Australie
Morts de la peste après avoir mangé de la marmotte crue
A Cocullo, dans les Abruzzes, les serpents sont rois le temps d'une procession
L'armée indienne publie des empreintes du Yéti sur les réseaux sociaux
Inde: un candidat aux élections accusé de cruauté envers un âne
En Chine, le cafard s'introduit dans les assiettes
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Plus de cinq tonnes d'écailles de pangolin saisies au Vietnam
SpaceX lance la première grappe de sa constellation de satellites
Les effets du soleil sur la peau : halte aux idées reçues
L'exposition aux pesticides des fleurs pourrait accroître la tension artérielle des enfants
Perturbateurs endocriniens: l'UFC-Que Choisir alerte sur certains produits à base de soja
 LES PLUS LUS 
Le KitKat au thé matcha débarque en Europe
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Un régime riche en viande accroît le risque de mortalité
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.068 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.