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Lundi 16 Juillet 2018

TECHNOLOGIES - Publié le 12/07/2018 à 12:27


Complexe, le marché des courriers recommandés électroniques aiguise les appétits



Lire des courriers recommandés sans aller à la Poste: ce sera théoriquement possible à partir du 1er janvier 2019, même si la mise en place du système s'avère aussi complexe que le potentiel du marché est énorme.

Le gouvernement a publié début mai le décret qui fixe la règle du jeu pour des courriers recommandés électroniques, consultables en ligne, ayant la même valeur juridique que des recommandés papier.

Plusieurs opérateurs sont en train de se préparer pour proposer ce service, dont les poids-lourds La Poste et Neopost.

Mais une petite start-up, AR24, a pris une longueur d'avance en étant la première et la seule pour l'instant à décrocher la qualification européenne eIDAS, qui sera nécessaire pour pénétrer cet énorme marché (240 millions de recommandés envoyés chaque année).

"Nous disposons d'une infrastructure archi-sécurisée", et "nous avons été audités par l'Anssi (agence nationale de la sécurité des systèmes d'information)" avec succès, explique Guillaume de Malzac, le patron d'AR24, qui emploie une dizaine de salariés.

En face, les concurrents d'AR24 cravachent pour la rattraper obtenir les agréments nécessaires.

Neopost espère "à 99%" être prêt pour l'échéance, assure Stéphane Giverne, directeur marketing chez Neopost France.

Quand au géant La Poste, il reconnaît qu'il ne sera sans doute pas tout à fait prêt pour le 1er janvier.

"Il faudra peut-être attendre un ou deux mois supplémentaires" après le 1er janvier pour que le dispositif soit prêt, en fonction des délais d'audit, estime Olivier Torres, responsable du dossier à la Poste.

La lettre recommandée électronique existe depuis plusieurs années, mais sa valeur juridique n'est pour l'instant pas équivalente dans tous les cas à celle de la lettre physique.

Son usage est donc resté marginal, puisque selon la Poste, elle représente aujourd'hui environ 0,1% des envois totaux de lettres recommandées.

Les acteurs du marché s'attendent à ce que le marché explose avec cette nouvelle formule, compte tenu de son intérêt pratique.

"Faire la queue le samedi matin pour aller chercher sa lettre recommandée, peu de Français apprécient cette démarche... C'est beaucoup plus facile de le faire de chez soi, au moment où on a prévu de le faire", indique Stéphane Giverne de Neopost.

- identité numérique fiable -

Reste toutefois un problème à résoudre pour que le système fonctionne: l'opérateur doit prouver qu'il a bien remis le recommandé électronique au bon récipiendaire, avec la même fiabilité que le face-à-face avec le postier ou le facteur pour le recommandé traditionnel.

Si le récipiendaire est une entreprise, pas de problème a priori, les méthodes d'identification électronique sont déjà en place et ont fait leurs preuves.

Pour les particuliers, cela s'avère plus compliqué, car la France n'a pas mis encore mis en place de système d'identité numérique suffisamment fiable, contrairement à nombre de pays européens comme l'Allemagne ou le Portugal.

France Connect, l'identifiant commun qui permet d'accéder aux services publics numérisés, n'offre pas encore de version assez robuste pour satisfaire aux exigences du recommandé électronique.

La Poste a commencé à proposer une identité numérique solide, reposant sur la remise d'identifiants et de code d'accès lors d'un rendez-vous en face à face avec un postier.

Mais le système est encore peu diffusé, avec seulement 150.000 personnes inscrites, selon la Poste.

Les autres opérateurs sont en train de chercher à définir leur propre système.

AR24 cherche par exemple à mettre en place un système fonctionnant exclusivement en ligne, où le particulier obtiendrait en ligne son identité numérique, via la comparaison d'un selfie et de la photo de sa pièce d'identité.

Neopost envisage la solution d'une carte à code, qui serait remise via un recommandé traditionnel... à aller chercher à la Poste.

M. Giverne espère de son côté que législateur demandera un jour à la Poste de partager avec les autres opérateurs ses identités numériques, comme une mission de "service public".

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