ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 26 Mai 2019

SANTE - Publié le 05/07/2018 à 20:51


Enfants de la grotte en Thaïlande: se remettre sur pied, une épreuve



Affaiblissement musculaire, malnutrition et éventuellement infections: affaiblis par de longs jours sans rien à manger, 12 jeunes Thaïlandais et leur entraîneur coincés dans une grotte vont pourtant devoir se remettre sur pied rapidement pour sortir, soulignent les spécialistes de ce genre de sauvetage.

La survie du groupe devra beaucoup au mental, en plus de la résistance physique individuelle.

"Même si l'incertitude face au sauvetage peut développer une situation anxiogène, la force du groupe, leur habitude des lieux doit les avoir fait tenir", estime Jean-Noël Dubois, médecin et coordinateur du pôle santé secours à la Fédération française de spéléologie.

"L'aspect mental doit être l'une des choses dont il faut tenir le plus tenir compte", confirme Andrew Watson, du Service de sauvetage minier britannique.

Lundi, après plus de neuf jours prisonniers, les garçons de 11 à 16 ans et leur entraîneur de football avaient d'abord été rejoints par des plongeurs britanniques. Ils étaient affamés, hagards, mais tous en vie.

Passé l'euphorie, il leur a fallu intégrer qu'il allait être compliqué de les ramener à l'air libre. Car ils vont peut-être devoir faire de la plongée pour franchir certains passages inondés.

"L'incertitude quant au moment et à la façon dont ils pourront être sauvés va commencer à s'installer", prévient un universitaire expert de la santé mentale militaire, Neil Greenberg, du King's College de Londres.

Quand les plongeurs sont arrivés, les victimes ont dû se dire: "Ils sont entrés, pourquoi je ne peux pas sortir?", selon Andrew Watson.

La réponse: le parcours, très exigeant, a pris six heures à des plongeurs expérimentés et en pleine forme. "Il faut leur dire exactement quelle est la situation (...) Ils doivent comprendre que c'est un processus difficile qui exigera de la patience".

- La cohésion des 13 -

La priorité est donc de nourrir et hydrater le groupe, pour que chacun retrouve la santé.

Pour Mike Tipton, professeur de physiologie humaine à l'université de Portsmouth (Grande-Bretagne) spécialiste des environnements extrêmes, ils avaient les trois ingrédients-clés pour survivre: de l'oxygène, une température supportable et de l'eau potable.

On peut se préoccuper de choses moins vitales maintenant, mais essentielles: "Où vont-ils aux toilettes? Sont-ils disciplinés pour ne pas déclencher une épidémie?", explique l'universitaire. À éviter surtout: polluer sa source d'eau potable.

Autre souci: "Quelle place ont-ils?" Le confinement, la sédentarité peut déjà atrophier les muscles, avec le risque de complications articulaires et osseuses, ou dans le contrôle de la tension artérielle.

Entreprendre ou non ce chemin vers l'air libre, "cela va être une décision très, très délicate", d'après Andrew Watson. Il estime "bien plus sûr" d'attendre que la route soit praticable sans plongée.

"Il faut garder à l'esprit que ce sont des enfants. Et qu'il s'agit d'eau: ça va bouger, il y aura de la pression, de la résistance, elle ne sera pas claire, et ils n'ont pas d'expérience de l'équipement de plongée", insiste-t-il.

Que l'un d'entre eux ait des difficultés ou panique risque de stresser tous les autres.

Tant que le groupe sera bloqué au même endroit, l'un des défis sera de lui trouver des occupations et maintenir son moral. Un meneur peut transformer ce moment "en aventure plutôt qu'en épreuve", indique Mike Tipton.

L'idéal serait d'avoir le soutien des parents, une fois la communication établie.

"L'anxiété exprimée par leur famille pourrait facilement épuiser la résistance d'un enfant", avertit Neil Greenberg. "Une attitude positive pour dire 'ça va aller' serait une manière efficace de dissiper leurs craintes".

Pour Jean-Noël Dubois, la cohésion des 13 sera un facteur essentiel pour se tirer d'un tel mauvais pas.

"Ils sont en groupe. Ils connaissaient la cavité, et c'est sûrement ce qui leur a permis de trouver cette zone relativement sûre (...) Ce que les gens nous disent lorsqu'on fait ces sauvetages souterrains, c'est qu'on vit très bien tant qu'on est en groupe et qu'on espère", affirme-t-il.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Les effets du soleil sur la peau : halte aux idées reçues
Perturbateurs endocriniens: l'UFC-Que Choisir alerte sur certains produits à base de soja
Plus d'un Français sur deux a déjà renoncé à un achat alimentaire en raison d'un manque d'information sur l'emballage
Cancer du sein : un régime alimentaire sain pourrait réduire les risques de décès
Une étude éclaire les traces laissées dans notre mémoire par la peur
Rougeole: les politiques de vaccination insuffisantes pour contrer l'épidémie
L'arrêt des soins de Vincent Lambert a commencé
Les familles au niveau socio-économique élevé seraient davantage exposées aux substances chimiques
La capacité à détecter l'odeur de café pourrait aider à lutter contre l'addiction au tabac ou au cannabis
Orthorexie : une étude canadienne évalue les comportements à risque
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Plus de cinq tonnes d'écailles de pangolin saisies au Vietnam
SpaceX lance la première grappe de sa constellation de satellites
Les effets du soleil sur la peau : halte aux idées reçues
L'exposition aux pesticides des fleurs pourrait accroître la tension artérielle des enfants
Perturbateurs endocriniens: l'UFC-Que Choisir alerte sur certains produits à base de soja
 LES PLUS LUS 
Le KitKat au thé matcha débarque en Europe
Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines
A Cuba, les abeilles butinent heureuses et leur miel ravit l'Europe
Comment nettoyer l'espace des vieux satellites et débris spatiaux
Les rideaux d'hôpitaux sont des nids à bactéries
La Lune dans cinq ans ? La NASA entretient le mystère
Google ouvre son premier laboratoire d'intelligence artificielle en Afrique
L'activité physique pourrait aider à guérir d'une lésion de la moelle épinière
Un régime riche en viande accroît le risque de mortalité
Infarctus ne rime pas nécessairement avec arrêt maladie prolongé
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.076 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.