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Samedi 16 Fevrier 2019

SANTE - Publié le 01/07/2018 à 01:07


L'affaire Vincent Lambert, cas de conscience pour la médecine



Diagnostic critiqué, procédures interrompues, experts dépassés: au-delà d'un imbroglio judiciaire de plus de cinq ans, le cas Vincent Lambert, tétraplégique depuis 2008, questionne aussi la médecine, divisée par cette affaire phagocytée par le débat sur la fin de vie.

"L’état clinique de notre frère et oncle Vincent Lambert n’a pas évolué positivement", écrivaient sept proches dans une tribune le 18 juin sur le site de Libération.

Ils rappelaient comment le corps de cet homme de 41 ans, victime d'un accident de la circulation et hospitalisé au CHU de Reims, endure "des soins devenus plus intrusifs et insupportables" qui, selon eux, impliquent de le laisser partir.

Le 9 avril, une quatrième procédure d'arrêt des traitements visant à stopper nutrition et alimentation artificielles a été décidée par le Dr Vincent Sanchez, en vertu de "l'obstination déraisonnable", conformément aux dispositions prévues par la loi Claeys-Leonetti.

Une autre partie de la famille Lambert, notamment ses parents, fervents catholiques fermement opposés à l'euthanasie passive, ont déposé un recours administratif pour empêcher sa mise en oeuvre.

"Aujourd’hui ce n’est plus une affaire de conscience, mais de courage, au sens où chacun doit assumer ses responsabilités. Depuis Hippocrate, on a vocation à ne pas s’acharner sur nos malades", confie Eric Kariger, ex-médecin de Vincent Lambert lors la première procédure en 2013, interrompue sur décision de justice.

La dernière expertise, demandée par le Conseil d'Etat en 2014, avait établi "le mauvais pronostic clinique" du patient, aux lésions cérébrales jugées "irréversibles". Et la Cour européenne des droits de l'Homme avait estimé l'année suivante que l'arrêt des soins ne violerait pas le droit à la vie.

- "Miracles" -

Mais Vincent Lambert, lourdement "handicapé", a montré depuis des "progrès" en termes de déglutition et de communication, ce qui pourrait ouvrir la voie à une rééducation dans un établissement spécialisé, selon ses parents, un frère et une sœur.

Ils s'appuient notamment sur l'avis de leur médecin conseil, Catherine Kiefer, qui accueille des cas similaires dans son unité à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). "Leur état est fluctuant" donc "il faut les observer pendant trois semaines au minimum, et réaliser des stimulations tous azimuts" pour poser un diagnostic, avance cette chef de service, soulignant l'importance "d'échanges préalables avec la famille".

"Vous avez le droit de croire aux miracles, mais ne demandez pas au médecin de jouer au bon dieu... Vincent Lambert ne peut pas évoluer !", réagit M. Kariger, convaincu que derrière ce cas individuel se cache "des enjeux de pouvoir, financiers, d'idéologie médicale et bien sûr d’intégrisme religieux".

Les débats sur le sort de cet ancien infirmier, père de famille, s'enferrent dans la définition de son état cérébral, forcément complexe.

Pourtant "depuis quelques années, nous savons qu'en réalité beaucoup de ces patients sont entre la conscience et l’inconscience: c’est ce qu’on appelle l’état de conscience minimale ou pauci-relationnel", explique le Pr Steven Laureys, neurologue au CHU de Liège (Belgique), reconnu pour ses recherches sur le cerveau et le coma.

L'équipe du Pr Laureys avait examiné Vincent Lambert en 2011, concluant à un état de conscience minimale sans possibilité d'amélioration.

- "Réalité médicale" -

Aujourd'hui médecin conseil de François Lambert, neveu de Vincent Lambert favorable à l'arrêt des traitements, il estime que cet engagement relève de sa "mission" car "cette triste histoire est devenue politique et la réalité médicale est presque devenue un détail, une fois dans la main des avocats".

Les suites de l'affaire dépendent du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui a lui-même demandé une nouvelle expertise. Mais les experts initialement nommés se sont désistés et le tribunal a rejeté le 22 juin la demande des parents Lambert d'en nommer de nouveaux, dans un document consulté par l'AFP.

"La question extrêmement difficile qu'il faut se poser est: +qu’aurait souhaité le patient?+. Mais il faut aussi expliquer la réalité médicale, avec la volonté de garder le patient au centre", rappelle Steven Laureys.

Vincent Lambert n'a pas rédigé de directives anticipées, mais selon sa femme et tutrice Rachel Lambert et d'autres proches, il n'aurait pas souhaité faire l'objet d'un acharnement thérapeutique.

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