ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 20 Septembre 2018

PLANETE - Publié le 01/07/2018 à 01:01


Vosges: la cueillette de l'arnica, or jaune des montagnes, très surveillée



Sur les pentes du Markstein, col culminant à 1.183 m dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges, l'arnica, fleur jaune prisée des laboratoires pharmaceutiques pour ses propriétés anti-inflammatoires, se récolte à l'état sauvage et sa cueillette est très réglementée.

La cueillette de cette marguerite aux pétales jaunes, lancée habituellement en juillet, a été avancée à fin juin en raison de l'hiver neigeux et du printemps pluvieux. "Le temps est idéal pour la récolte!", se réjouit Jean-François Messey, responsable d'une équipe de huit cueilleurs.

Le laboratoire Boiron lui a commandé cette année 2,5 tonnes, et il espère ramasser entre 5 à 6 tonnes de fleurs avec deux autres groupes.

"Une bonne année, l'arnica représente un tiers de mon chiffre d'affaires", souligne le récolteur de 62 ans, glissant que la tonne de fleurs se négocie autour de 10.000 euros.

Chapeau de paille sur la tête, bottes en caoutchouc aux pieds, le dos courbé, il attrape avec une main gantée la tige, la tourne délicatement et l'arrache du sol d'un coup sec.

La cueillette ne dure que quelques jours. Les fleurs sont posées délicatement en étages sur une bâche en plastique puis insérées dans un filet tissé. "La plante évolue vite. Une fois cueillie, la fleur continue à maturer et monte rapidement en graines", souligne Sylvie Lemuid, 56 ans, collectrice d'arnica depuis 1990.

Pour préserver la qualité des fleurs, les sacs sont transportés en camion frigorifique jusqu'au laboratoire pharmaceutique, dans le Rhône. L'arnica y sera contrôlée, puis transformée en gélules, gel ou crème.

"On ne fait pas la récolte de l'arnica pour le plaisir, le dos et les mains prennent cher, mais pour la beauté des paysages et le grand air", relate Cédric Ramber, 35 ans.

Les ramasseurs doivent se prémunir du soleil, des tiques, mais aussi des réactions chimiques de la fleur. "C'est une plante riche en huile, ce qui peut donner des maux de tête et brûlures sur la peau", raconte Sylvie Lemuid.

L'arnica montana - seule espèce inscrite à la pharmacopée européenne - s'épanouit sur les chaumes des Hautes-Vosges, peu concurrencée par les rares autres végétaux.

"La fleur a besoin d'eau, de soleil, de terres acides et d'un champignon", résume M. Messey qui ramasse depuis trente ans 500 à 600 plantes différentes pour plusieurs clients.

- Convention de préservation -

"Le Markstein, qui était la plus belle station d'Europe pour la cueillette de l'arnica, se transforme en champ de trèfles: chaque année, les surfaces se réduisent", peste un ramasseur sous couvert d'anonymat.

"Le premier jour, on était 57 cueilleurs sur une surface réduite... Forcément, il y aura un impact", ajoute-t-il.

La fleur jaune, fragile, a pâti des méthodes culturales visant à l'augmentation de la production pour alimenter les nombreuses fermes-auberges vosgiennes. L'apport de chaux dans les sols pour favoriser les plantes fourragères pour le bétail a détruit par endroits de façon irréversible le système racinaire souterrain.

"L'arnica est présente grâce au pâturage. Sans les troupeaux on n'aurait que de la forêt", nuance Clément Urion, qui ramasse la plante pour son exploitation agricole et d'autres clients.

Selon lui, la convention pour protéger l'espèce, créée en 2007, "a permis de poser des règles et de comprendre les intérêts de chacun".

Cette convention, signée par le parc naturel régional des Ballons des Vosges et le conseil départemental des Vosges avec, entre autres, les six communes propriétaires des surfaces, des laboratoires et des cueilleurs, règlemente les pratiques agricoles et secteurs de récolte.

L'équipe du laboratoire Boiron a déjà rempli plusieurs sacs de la précieuse fleur jaune quand deux gardes champêtres à cheval approchent. Chaque cueilleur leur présente sa carte, délivrée par les six communes, contre une taxe fixée à 1,60 euro le kilo.

"Un cueilleur contrôlé dans une zone interdite est exclu immédiatement avec son équipe et l'autorisation de cueillette de l'année suivante peut être remise en cause", souligne Pascal Haubensack, de la brigade verte.

Jusqu'à onze tonnes de la fleur aux propriétés anti-inflammatoires peuvent être collectées sur 120 hectares. Cette année, la récolte avoisine les neuf tonnes.

Un monastère mexicain, dernier refuge de salamandres aquatiques
Colombie: naissance en captivité d'un singe araignée, espèce menacée
Zéro végétation sur les voies, la SNCF cherche une alternative au glyphosate
L'huître, sentinelle des pollutions marines
Baleines: rejet du retour de la chasse commerciale proposé par le Japon
Arbres, fuites de gaz, aspirer le carbone: trois idées oubliées pour sauver le climat
À San Francisco, la planète climat oscille entre volontarisme et catastrophisme
Une alimentation équilibrée protège l'eau de la planète
Les bénéfices économiques de la lutte contre le changement climatique sous-estimés
Le plus gros fonds souverain au monde exhorte à la protection des océans
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
L'espérance de vie des Européens, en hausse mais menacée par l'obésité
Plan santé: il y aura des mesures sur la psychiatrie selon Agnès Buzyn
Évaluation de l'homéopathie: la Haute autorité de santé peaufine sa méthode
Un monastère mexicain, dernier refuge de salamandres aquatiques
Colombie: naissance en captivité d'un singe araignée, espèce menacée
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Mars à son plus près de la Terre en 15 ans
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
Une marée rouge décime la population aquatique de la côte ouest de la Floride
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.023 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.