ACCUEIL | FLUX RSS
Mercredi 23 Janvier 2019

PLANETE - Publié le 08/06/2018 à 14:42


Le gouvernement au chevet des Antilles envahies par les sargasses



Les sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques, envahissent le littoral antillais, avec un impact sur le tourisme et le quotidien des riverains: Nicolas Hulot et Annick Girardin se rendent dimanche aux Antilles pour présenter un "plan national de lutte" contre cette "calamité".

Depuis février, ces algues brunes, dont l'origine reste incertaine, arrivent en masse sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, et même de Guyane. Elles s'amoncèlent sur les rivages, salissent plages et ports, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.

Ce n'est pas la première fois que ces algues envahissent le littoral antillais depuis leur apparition massive, en 2011. Mais le phénomène n'a "jamais été aussi important que cette année", souligne la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

En Martinique, de nombreuses communes de la façade atlantique sont affectées comme la ville du Robert, ainsi que les communes du sud de la côte caraïbe. Depuis le 27 avril, 7.750 tonnes de sargasses ont été ramassées dans l'ile, selon la préfecture.

En Guadeloupe, les communes du Gosier, Sainte-Anne, Saint-François et surtout Petit-Bourg ont été particulièrement touchées, impactant là encore vie quotidienne et économie touristique.

Partout, sur des kilomètres de rivages, des algues brunâtres empoisonnent l'air, entrainant des interdictions de baignades sur de nombreuses plages, mais aussi des fermetures de classes, comme au Robert ou plus récemment à Petit-Bourg, où le maire a pris un arrêté de fermeture préventive après que l'Agence régionale de santé a relevé "un taux d'émanation de gaz dû à la dégradation des algues sargasses atteignant les 6 ppm (partie par million, NDLR)".

Jusqu'à 5 ppm, l'ARS déconseille aux personnes fragiles (femmes enceintes, bébés, personnes âgées ou asthmatiques... ), de rester à proximité des émanations. Au-delà, seuls "les professionnels équipés de moyens de mesures avec alarmes" peuvent approcher de la zone.

- Ramassage rapide -

Début mai, l'Etat a annoncé une rallonge des crédits, pour atteindre 3 millions d’euros, destinés à l'acquisition de machines de ramassage et d’équipements de protection individuels pour les équipes sur le terrain. L'objectif étant de collecter rapidement les algues après leur échouage, avant qu'elles ne dégagent leurs gaz toxiques.

Pour cela, sont notamment mobilisés des agents de la sécurité civile, ainsi que les régiments de service militaire adapté (RSMA).

Ces algues sont "une calamité supplémentaire dont les Antilles se seraient bien passées et dont nous n'avons probablement pas, ici en métropole, pris toute la mesure", a reconnu le ministre de la Transition écologique à l'Assemblée fin mai.

Pour Annick Girardin, il y a nécessité d'"un plan d'action national" et "de plans territoriaux" pour "réagir immédiatement" en cas d'arrivée des sargasses. Mais elle a regretté que cela n'ait jamais été fait avant, se demandant "pourquoi il faut attendre une année où on est complètement submergé pour qu'enfin un gouvernement dise +il faut un plan d'action+".

Les ministres se rendront notamment à Petit Bourg, mais aussi à la Désirade, Marie-Galante et Terre-de-Bas aux Saintes, partiellement coupées du monde début mai par des algues trop nombreuses à l'entrée des ports.

La menace était toujours présente jeudi à La Désirade, comme en témoigne un tweet du préfet de Guadeloupe Philippe Gustin: "L'île est très impactée par les sargasses. Il nous faut continuer à travailler ensemble, sans relâche, pour éviter son enclavement".

Outre des réponses en matière de santé, la population attend aussi des solutions du côté des assurances et des indemnisations. Car les conséquences sont lourdes pour l'économie touristique, les entreprises de pêche ou les compagnies maritimes. Et beaucoup déplorent les conséquences de cette pollution également sur les appareils électroniques ménagers, que le sulfure d'hydrogène détruit.

Plusieurs élus ont d'ailleurs réclamé un classement en catastrophe naturelle. Une procédure impossible, en raison d'une législation très contraignante.

Hécatombe en Australie: un million de poissons d'eau douce retrouvés morts
Restaurer l'environnement: quand les solutions deviennent problèmes
Un nouveau médusarium hypnotique pour sensibiliser à la santé des océans
Roméo, une des dernières grenouilles de son espèce, a trouvé sa Juliette
Les eaux de la Patagonie, laboratoire naturel pour étudier le changement climatique
La glace de l'Antarctique fond plus vite que jamais
Le monde avance en somnambule vers le désastre climatique, craignent les organisateurs à Davos
Le safe sex, version bernard-l'ermite
Justin Trudeau interpelle Shinzo Abe sur la chasse à la baleine
Le réchauffement des océans revu à la hausse
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Les enfants bilingues n'ont pas plus de facilités que les autres en matière de concentration.
Adopter un mode de vie similaire à celui des chasseurs cueilleurs permettrait de rester en bonne santé
La taille et le poids influenceraient plus la longévité féminine que masculine
Japon: un satellite lanceur de météorites en orbite pour un spectacle spatial inédit
La NASA et la Chine collaborent sur la Lune
 LES PLUS LUS 
Beurk ou miam? La différence est plus dans la tête que dans l'assiette
L'empire contre-attaque ou le retour de Microsoft au sommet
Climat: une ado en colère plaide en faveur des générations futures
Attaque sur les petits écrans: le boom des jeux vidéo sur mobile en Afrique
Microbiote: à la découverte de notre jardin intérieur
Naissance du premier bébé grâce à une greffe d'utérus d'une donneuse décédée
Cuba: l'internet mobile disponible à partir de jeudi
Une lettre d'Einstein sur Dieu vendue 2,89 millions de dollars
L'hiver est là, le charbon brûle, les Balkans suffoquent
Premier vol habité à destination de l'ISS depuis le lancement raté
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.064 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.