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Mercredi 23 Janvier 2019

PLANETE - Publié le 06/06/2018 à 15:02


Dans des vignes de Provence, le lombric à la rescousse



A l'arrière d'un pick-up, des kilos de terre humide grouillante de vers : pour donner un coup de pouce à la nature, un vigneron bio des Côtes-de-Provence expérimente l'épandage de lombrics dans ses vignes.

Le panorama sur les 80 hectares du domaine de François Combard, vigneron à La-Londe-Les-Maures (Var), est aussi splendide que la terre y est ingrate.

Des sols d'origine schisteuse, essentiellement sableux, "très bons pour faire des vins de qualité", mais très pauvres en oligo-éléments et en matière vivante, indispensable à long terme, explique-t-il.

"Le ver de terre est le marqueur des sols vivants, et il y en a de moins en moins", se désole M. Combard, qui produit rosé, rouge et blanc dans une exploitation certifiée bio depuis 40 ans. D'une manière plus générale, les sols des vignes et vergers sont parmi les plus pauvres en lombrics, loin derrière les prairies, selon une étude publiée en 2015 par l'université de Rennes.

Pour tenter d'y remédier, ce spécialiste du rosé haut de gamme, à la sage raie sur le côté, s'est lancé dans un projet un peu fou --"expérimental" dit-il : tout faire pour que le ver de terre "recolonise" sa terre.

Pour appâter l'animal, le domaine pratique "l'enherbement" des vignes : entre chaque rang de vigne pousse du seigle, qui est "couché" au printemps pour former un couvert végétal. Celui-ci favorise la condensation et l'humidité du sol, le protège des rayons ardents du soleil de Provence, et, en se dégradant, nourrit le sous-sol.

Mais le vigneron n'en reste pas là : sur une parcelle de 4.500 mètres carrés, à l'entrée du domaine familial de Figuière, il profite du printemps pour épandre, avec l'aide de deux ouvriers agricoles, des pelletées de vers de fumier.

C'est un pari. "Acclimater des vers de fumier dans des sols très sableux, ce n'est pas gagné", reconnaît Eric Navarro, un ingénieur agricole spécialiste des sols qui accompagne le projet.

- Eponge naturelle -

La démarche de François Combard est expérimentale : l'idée lui est venue en produisant son propre lombricompost, un adjuvant issu de la dégradation des déchets par les vers, très prisé en agriculture biologique, mais qui peut coûter cher sur le marché.

Pour le produire, cet adepte de l'économie circulaire et du bio élève des vers de fumier, à l'ombre des chênes-liège. C'est "du caviar pour les plantes, avec des éléments nutritifs bien adaptés à la consommation des racines", résume Jean-Louis Baud, le chef de culture, les deux pieds dans un bassin de 36 mètres cubes où grouillent des dizaines de milliers de lombrics.

L'épandage de ce compost va améliorer la santé des sols et ainsi "préparer le retour des autres vers de terre, qui sont plus en profondeur, et qui favorisent les échanges gazeux, les échanges d'eau dans la terre", complète M. Combard.

"L'aboutissement ce serait de voir de plus en plus de vers de terre", ajoute-t-il. L'homme, qui produit en famille 500.000 bouteilles par an, se donne plusieurs mois pour jauger du succès de sa méthode, et éventuellement la généraliser à l'ensemble de son exploitation.

Au-delà des bénéfices pour la vigne, le retour des lombrics fait partie d'un ensemble de mesures en faveur des sols imaginées dans cette zone aux portes de la Côte d'Azur.

"Le lombric creuse des galeries à plusieurs mètres du sol pour aller chercher à manger", ce qui va "augmenter la capacité de rétention en eau des sols", souligne l'ingénieur agricole Eric Navarro, à la tête d'une association dédiée à la restauration des sols, Vert Carbone.

Une fonction d'éponge naturelle qu'il est urgent de retrouver sur cette portion du littoral méditerréen, frappée chaque automne par le fléau des "épisodes cévenols" et des crues parfois mortelles qui les accompagnent.

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