ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 21 Octobre 2018

SANTE - Publié le 29/05/2018 à 17:40


Sclérose en plaques: les femmes de plus en plus touchées



La sclérose en plaques, maladie à laquelle une journée mondiale est consacrée mercredi, touche surtout les femmes et cette tendance ne fait que s'accentuer, pour des raisons encore inconnues, mais qui pourraient être liées aux modes de vie.

« Aujourd'hui on compte trois femmes atteintes pour un homme, contre deux femmes pour un homme dans les années 50/60. C'est une vraie révolution épidémiologique », explique à l'AFP le neurologue Thibault Moreau, de la fondation française Arsep (Aide à la recherche sur la sclérose en plaques).

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Elle provoque un dérèglement du système immunitaire, qui s'attaque à la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses.

On estime à plus de 2 millions le nombre de malades dans le monde (100 000 en France, 400 000 en Europe).

Selon les chercheurs, il s'agit d'une maladie multifactorielle, combinant des facteurs génétiques (même s'il ne s'agit pas d'une maladie héréditaire) et environnementaux.

Ce dernier point pourrait expliquer pourquoi de plus en plus de femmes sont concernées. « Cela pourrait être lié au changement des habitudes de vie », selon le professeur Moreau.

Cette piste a été explorée dans une étude publiée en 2012 par la revue américaine Neurology. Elle portait sur l'augmentation du nombre de scléroses en plaques en Crète entre 1980 et 2008.

En 2008, on comptait deux fois plus de femmes malades que d'hommes, alors que leur nombre était équivalent en 1980. L'étude montrait que l'augmentation concernait surtout des femmes vivant en ville.

La Crète étant homogène du point de vue génétique, les auteurs de l'étude postulaient que cette augmentation était associée au passage d'un mode de vie rural à un mode de vie urbain.

Pour les femmes, l'urbanisation a entraîné « une hausse du tabagisme », « un usage plus fréquent des contraceptifs, un recul de l'âge auquel elles ont leur premier enfant » et un changement d'alimentation (par exemple, le remplacement du lait de chèvre frais local par du lait de vache pasteurisé industriel), relevaient les chercheurs.

« Projets de vie »

Pour tenter de lever un coin de voile sur les causes de la sclérose en plaques, « beaucoup de recherches sont menées dans le domaine de l'environnement », indique à l'AFP la neurologue Catherine Lubetzki.

« Un niveau d'ensoleillement plus bas est un facteur de risques », poursuit la Pr Lubetzki, qui dirige une équipe de recherche à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) à Paris.

Dans l'hémisphère Nord, plus on remonte en s'éloignant de l'équateur, plus la maladie est présente.

Autres facteurs de risques : le tabagisme et l'obésité, souligne la Pr Lubetzki.

Pour autant, les multiples facteurs, génétiques et environnementaux, ne sont pas encore tous connus, et on ignore le mécanisme selon lequel ils participent au développement de la maladie.

L'âge moyen du début des symptômes est 30 ans. Le plus souvent, la sclérose en plaques provoque des poussées inflammatoires entrecoupées par des phases d'accalmie durant lesquelles la myéline se reconstitue en partie.

Les symptômes sont variés : faiblesse musculaire, troubles de l'équilibre, de la vision, du langage, paralysies. À plus ou moins long terme, un handicap irréversible peut s'installer.

« On ne sait pas guérir la sclérose en plaques, mais on sait l'atténuer », note le Pr Moreau.

Les traitements apparus depuis une vingtaine d'années améliorent la qualité de vie des patients et, grâce aux progrès de l'imagerie, le diagnostic, et donc la prise en charge, sont plus précoces qu'avant.

« La sclérose en plaques aujourd'hui, ça n'a rien à voir avec ce que c'était par le passé », insiste Thibault Moreau. « Dans les années 60, on interdisait aux femmes atteintes de faire des bébés, on sait aujourd'hui qu'il n'y a pas de risque. On peut mener des projets de vie même avec cette maladie ».

Dès trois ans, des enfants apprennent les gestes pour sauver des vies
Une très rare maladie infantile paralysante inquiète les autorités aux Etats-Unis
La lumière bleue de nos écrans, nouvelle cible de la cosmétique
Handicap: le nombre de bénéficiaires de l'AAH a doublé depuis 1990
Plus de 600.000 décès en France en 2017, nouveau record depuis l'après-guerre
La dépression a progressé en France ces dernières années
À l'ombre des vignes de Niagara, le cannabis a remplacé les orchidées
Le cannabis, nouvel eldorado des géants de l'alcool?
Mieux vaut pousser tôt au premier accouchement, conclut une expérience américaine
Près d'un Français sur trois a renoncé à des soins ces derniers mois
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La mission européenne BepiColombo en route vers la planète Mercure
Dès trois ans, des enfants apprennent les gestes pour sauver des vies
Iter: des dizaines d'années et des milliards d'euros pour un chantier titanesque
Dans les mers australes, des albatros espions sur la trace de pêches illégales
Une solution pour exploiter les données génétiques sans violer la vie privée
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.052 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.