ACCUEIL | FLUX RSS
Lundi 22 Octobre 2018

PLANETE - Publié le 08/12/2017 à 14:50


Milices et braconniers exercent une pression énorme sur la faune d'Afrique centrale



Groupes armés et braconniers exercent une "pression énorme" sur les espèces sauvages, notamment les éléphants, dans les aires protégées d'Afrique centrale, profitant de l'instabilité qui règne dans la région, révèle une nouvelle étude publiée vendredi.

Selon ce rapport de l'ONG Traffic, qui se concentre sur trois parcs nationaux aux confins de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Centrafrique, le "braconnage est répandu dans toute la région et ses principaux auteurs sont des groupes armés non-étatiques, des acteurs étatiques, des éleveurs armés et des braconniers indépendants".

Ces acteurs, en particulier "l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), les Janjaweeds (milice soudanaise) et d’autres milices non-étatiques", exercent une "pression énorme sur les populations d’espèces sauvages dans ces aires protégées", les parcs de la Garamba et Bili (nord de la RDC), ainsi que la réserve de Chinko (sud-est de la RCA).

Les groupes armés "ciblent en particulier les grands mammifères, notamment les bongos (une grande antilope, ndlr), les buffles, les éléphants et les hippopotames", explique l'étude de terrain, menée dans près de 90 villages de la région.

La LRA vise en priorité les populations d’éléphants depuis une décennie. En 2015, des organismes de veille ont signalé que Joseph Kony, le chef de ce groupe rebelle millénariste ougandais, avait demandé à ses combattants "d’obtenir 100 défenses d’éléphant dans le complexe de la Garamba, sur une période de neuf mois".

"La corruption dans la région constitue un obstacle majeur à l'application des lois", alors que "les autorités nationales et locales, y compris les FARDC (armée congolaise), ont été impliquées directement dans le braconnage ou ont facilité le braconnage et le trafic", poursuit l'ONG.

Des informations indiquent cependant que "le braconnage par les soldats des FARDC a diminué ces dernières années grâce à une collaboration plus étroite avec les autorités des parcs", ajoute l'étude.

"Certains éleveurs fulani (peuls) nomades de bétail représentent une grave menace pour les espèces sauvages" dans toute cette région, s'inquiète également Traffic.

"Il est avéré que les Fulani et les Mbororo (un sous-groupe fulani), souvent lourdement armés pour leur protection, tuent des élans de Derby et des buffles pour les vendre comme viande de brousse et empoisonnent des prédateurs, tels que les lions, pour prévenir les attaques contre leur bétail".

Des Fulani "sont aussi impliqués dans le trafic transfrontalier de produits comme l'ivoire et la peau de léopard, principalement vers le Sud-Soudan et l'Ouganda", selon Traffic.

"Selon des informateurs clés, un réseau indépendant et militarisé de braconnage cible les grands mammifères dans ces aires protégées" de cette partie de l'Afrique centrale frappée par "l'instabilité politique, l'absence de gouvernance et de maintien de l'ordre", souligne par ailleurs l'ONG.

"Ces braconniers vendent la viande à des individus et à des restaurants dans les villes et les villages périphériques, et transportent les produits de valeur, comme l'ivoire, les peaux et d'autres trophées, vers les grandes municipalités pour continuer de financer le braconnage. Ce groupe est constitué d'acteurs locaux et étrangers, équipéss d'armes semi-automatiques".

"Les communautés environnantes exercent également une pression sur la faune sauvage locale", relève Traffic, ce qui "fragilise davantage des populations d'espèces menacées et déjà en déclin, comme les éléphants et les chimpanzés".

La chasse est en effet "une source de revenus" pour les habitants, avec près de 20% des hommes dans le nord-est de la RDC qui admettent "pratiquer le braconnage à petite échelle".

Dans les mers australes, des albatros espions sur la trace de pêches illégales
Les frites, nouvelles victimes de la sécheresse estivale en France
Les émissions liées à l'énergie devraient encore croître en 2018
Le quinquina, l'arbre national du Pérou, méconnu et menacé
Mexique: six spécimens d'une espèce au bord de l'extinction repérés
Un bateau testé pour lutter contre l'île des déchets
Japon: des cerisiers fleurissent, pourtant ce n'est pas le printemps
Climat: le monde a atteint un point de non retour, selon Ban Ki-moon
Tunisie: le crabe bleu, prédateur redoutable devenu proie prisée
Trump: Je suis un véritable défenseur de l'environnement
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La mission européenne BepiColombo en route vers la planète Mercure
Dès trois ans, des enfants apprennent les gestes pour sauver des vies
Iter: des dizaines d'années et des milliards d'euros pour un chantier titanesque
Dans les mers australes, des albatros espions sur la trace de pêches illégales
Une solution pour exploiter les données génétiques sans violer la vie privée
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.068 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.