ACCUEIL | FLUX RSS
Jeudi 19 Juillet 2018

SANTE - Publié le 30/11/2017 à 13:34


Cancer du poumon: MSD lance un traitement en France et appelle à une réforme



Alors qu'un accord sur le prix du Keytruda, un anticancéreux innovant qui va coûter 6.000 euros par mois par patient, a été trouvé entre les pouvoirs publics et le laboratoire américain MSD (Merck), ce dernier appelle à une réforme des "conditions d'accès précoces".

La France rejoint désormais la majorité des pays d'Europe de l'Ouest où ce traitement est remboursé en "première ligne" (c'est-à-dire en tant que premier traitement administré) pour le cancer du poumon.

Le Keytruda (aussi appelé pembrolizumab) était déjà disponible en deuxième ligne contre le mélanome (cancer de la peau). Prochainement, il devrait être prescrit à environ 6.000 patients atteints de cancer du poumon, soit environ 25% des cancers dits "non à petites cellules" (75% à 80% des cancers du poumon).

Cette thérapie "ne concerne pas tout le monde", a expliqué mardi, lors d'un point de presse organisé par MSD, Christos Chouaid, pneumologue au CHI de Créteil.

En effet, le Keytruda est une immunothérapie qui, au lieu de s'attaquer directement à la tumeur, "cible le système immunitaire pour qu'il fasse son travail contre la maladie", a précisé Aurélien Marabelle, directeur clinique à l'institut Gustave Roussy, lui aussi invité par le laboratoire.

Le pembrolizumab, en bloquant un récepteur utilisé par la tumeur et qui empêchait les défenses immunitaires de reconnaître la tumeur comme telle, ne peut être administré qu'à des patients dont le cancer exprime ce type biomarqueur.

A 6.000 euros par mois pour 6.000 patients, le coût avoisinerait les 432 millions d'euros par an. Un montant non négligeable pour l'Assurance maladie qui souhaite, selon le journal Les Echos, "contenir en dessous de 600 millions d'euros par an la dépense liée à Keytruda et Opdivo", ce dernier coûtant 5.400 euros par mois pour un malade de 70 kg.

Le laboratoire américain souligne qu'il a fait un effort en baissant ses tarifs de 17% par rapport au précédent prix négocié pour le mélanome.

"Nous avons conscience d'évoluer dans un environnement économique contraint", a fait valoir Nassima Minoun, directrice oncologique MSD France.

Révolutionnaire

Lorsque les patients sont traités au pembrolizumab dès le diagnostic, les résultats sont bien meilleurs que les autres traitements actuellement sur le marché. "Nous doublons la survie globale par rapport à la chimiothérapie", s'est réjouie Mme Minoun.

La moitié des patients sont ainsi toujours vivants après 30 mois de traitement, contre 14,2 mois pour ceux sous chimiothérapie.

Le traitement, injecté par voie intraveineuse une fois toutes les trois semaines pendant environ 30 minutes, peut déclencher certains effets secondaires, parfois graves avec le développement de maladies auto-immunes. Elles sont cependant rares et la prise en charge reste globalement plus légère que pour les autres traitements.

Un argument que ses promoteurs utilisent pour relativiser le coût du traitement.

Toutes ces données, qualifiées de "révolutionnaires" par M. Marabelle, pourraient bouleverser le secteur. Selon lui, les centres de lutte contre le cancer "basés sur la lourdeur de la chimiothérapie" avec les multiples hospitalisations nécessaires vont devoir faire évoluer leur modèle économique.

Multiples indications

Surtout, les laboratoires ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin, la majorité accentuant les efforts de recherche en immuno-oncologie, une tendance qualifiée de "buzz général" par un analyste de Bryan Garnier.

MSD, de son côté, travaille à d'autres extensions de son produit: cancer de la vessie et lymphome de Hodgkin. A moyen et long termes, le laboratoire espère obtenir plus d'une dizaine d'indications et une trentaine de cancers pourrait répondre à ce type de thérapies, selon M. Marabelle.

Aujourd'hui, les laboratoires peuvent demander une Autorisation temporaire d'utilisation (ATU) pour que les malades puissent bénéficier des avancées thérapeutiques avant que le processus de négociation ne soit bouclée.

Merck en avait ainsi obtenu une il y a plus de deux ans pour le Keytruda, dans le cadre du mélanome. Mais pour les extensions d'indications, il faut repasser par le parcours classique et attendre qu'un prix soit fixé.

Ce qui fait dire à MSD, que l'immuno-oncologie illustre "la fin d'un système" d'accès précoces au médicament établi avec le VIH.

Pour Cyril Schiever, président de MSD France, le dispositif d'évaluation doit permettre que la négociation ait lieu "en parallèle de la disposition des produits".

Sida: trois porteurs du virus sur cinq ont maintenant accès aux traitements
Les parents protègent leurs enfants des dangers du soleil mieux qu'eux-mêmes
Le paracétamol, un médicament courant mais dangereux
Première radiographie couleur 3D d'un humain
Un petit lien établi entre nourriture solide et sommeil de bébé
Cigarette de cannabis thérapeutique: Buzyn pas opposée si c'est utile
Greffe d'organes: Pékin n'est plus persona non grata malgré un manque de transparence
Rougeole: troisième décès en 2018 en France, une jeune fille de 17 ans à Bordeaux
Le Novitchok, arme chimique russe dangereuse et mal connue
Et si une prothèse pouvait restituer artificiellement le ton de la voix ?
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Eau et toilettes: encore des centaines d'années à attendre pour de nombreux pays
Comme sur des roulettes, le robot livreur débarque en Chine
Un demi-siècle après le Concorde, une start-up vise un futur supersonique
Kenya: un neuvième rhinocéros mort après avoir été déplacé
Sida: trois porteurs du virus sur cinq ont maintenant accès aux traitements
 LES PLUS LUS 
A la recherche de l'origine des Incas, grâce à la génétique
Les scientifiques américains transfèrent la mémoire d'un escargot à l'autre en transplantant de l'ARN
Pologne: Première naissance en captivité d'un couscous, marsupial indonésien
Découverte d'un nouveau site de sacrifice rituel d'enfants au Pérou
Avec le réchauffement climatique, les légumes vont devenir plus rares
Voici Norman, l'intelligence artificielle psychopathe
Un château en Corrèze pour un peu plus de 11 euros et la bonne cause
Dans le sud du Maroc, les météorites suscitent les convoitises
Le musée des égouts de Paris fait peau neuve
Climat: moins de neige et la belette blanche devient une cible
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.037 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.