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Mardi 19 Juin 2018

SEXO - Publié le 06/05/2017 à 20:05


Le sexe neutre, aux frontières de l’homme et de la femme



La Cour de cassation a rejeté aujourd’hui la création d’un « sexe neutre » en France, à côté des sexes masculins et féminins. Les cas intermédiaires existent pourtant sur le plan biologique.

Aux yeux du droit français, on est homme ou femme. «La loi française ne permet pas de faire figurer dans les actes de l’état civil l’indication d’un autre sexe que masculin ou féminin», explique ce jeudi la Cour de cassation. La réalité biologique est plus nuancée. Bien sûr, a priori, rien ne semble plus simple que de faire la différence entre une fille et un garçon. En réalité, la nature est plus variée que ce que l’on croit. On estime que pour 2% des naissances les choses sont plus compliquées qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. Les médecins parlent alors d’intersexualité pour signaler des caractéristiques physiques et hormonales telles que le sujet se trouve anatomiquement et physiologiquement entre l’homme et la femme. Soit qu’il y ait coexistence d’organes génitaux externes (vagin, clitoris, pénis, bourses) appartenant aux deux sexes, soit qu’il y ait un trouble du développement sexuel plus discret.

Une question olympique!

C’est le cas, médiatisé, de l’athlète Caster Semenya. En 2009, la Sud-Africaine fait l’objet d’une enquête de l’IAAF (Association internationale des fédérations d’athlétisme) après avoir pulvérisé de plus de deux secondes le record féminin du 800 m. Ses concurrentes la soupçonnent d’être un homme! Il est vrai qu’à 18 ans, l’athlète a un physique (morphotype) plutôt masculin. L’IAAF lui fait subir un test de féminité qui confirme son sexe féminin en dépit d’une formule assez maladroite du secrétaire général de l’IAAF, Pierre Weiss: «Elle est une femme, mais peut-être pas à 100%». Elle est d’ailleurs autorisée à reprendre la compétition, et arrachera la médaille d’or du 800 m aux JO de Rio en 2016 après avoir emporté l’argent derrière la Russe.

En réalité, le test de féminité a quelque chose d’absurde car aucun biologiste ne peut tracer une frontière indiscutable entre ce qui fait un homme ou une femme. C’est pourtant la ligne que s’efforcent de tracer les instances olympiques depuis des décennies. Si l’on réalise un examen gynécologique, comme c’était le cas aux JO avant 1968, on peut certes confirmer un aspect extérieur féminin ou masculin des organes génitaux externes, mais cela ne préjuge pas de ce qui se passe dans l’organisme.

Les chromosomes ne suffisent pas

Si l’examen fut abandonné en 1968 c’est pour aller chercher «la vérité du sexe» au cœur des cellules en examinant les chromosomes. Après tout, chacun apprend à l’école que les personnes ayant deux chromosomes X sont des femmes et ceux ayant un chromosome X et un chromosome Y sont des hommes. Pas si simple, hélas. Sinon Maria José Martinez-Patino, une athlète espagnole qui possède un chromosome X et un chromosome Y serait un homme. Or, elle a des seins et un vagin.

En réalité, les chromosomes ne marquent que le début de l’histoire sexuelle d’un individu. Au cours de sa vie embryonnaire, le fœtus va d’abord développer des gonades indifférenciées. Pour transformer celles-ci en ovaires ou en testicules, à partir du 3e mois de grossesse, bien des étapes restent à franchir. On croyait ainsi avoir découvert un gène déterminant, SRY, sur le chromosome Y des hommes, avant de s’apercevoir qu’il avait aussi besoin d’un autre gène situé sur le chromosome 17 (Sox9) pour aboutir à un homme. Que l’un de ces deux gènes soit déficient et l’on aboutit à une femme…sans ovaires!

Une cascade de gènes impliqués

Il suffit de lire la cascade de gènes qui vont intervenir dans la transformation des gonades indifférenciées, conforme ou non à l’assignation chromosomique initiale, pour comprendre que la machinerie cellulaire puisse s’enrayer: «Wt1, SRY, GATA4, Fog2, KTS, IR, Sf1, Fgf9, PDG2, Mis, Sox9, Dhh, Pdgfa, Dax1, Dmrt1, Rspo1, Wnt4, Bcatenin, Fst, FoxL2, BMP2, ERb, ERa», pour citer les principaux gènes. Chacun d’eux à une mission précise! Mais quand bien même, aboutirait-on à la formation de testicules fonctionnels, capable de produire de la testostérone que la messe ne serait pas dite.

Dans le cas de l’athlète espagnole, par exemple, il s’avère qu’elle possède en effet des testicules fonctionnels dans l’abdomen, mais que son corps est également insensible aux hormones mâles. Ce que l’on appelle un syndrome d’insensibilité aux androgènes. Elle ne sera pas la seule athlète dans ce cas. Ce syndrome explique en tout cas qu’elle ait l’apparence d’une femme, y compris au niveau de ses organes génitaux externes, en dépit de son caryotype masculin. Caster Semenya, elle, est atteinte d’hyperandrogénie. Elle produit trop d’hormones mâles, mais là aussi, avoir un taux élevé, si tant est que l’hormone soit active dans l’organisme n’est pas un critère suffisant.

Indépendamment des fondements juridiques de la décision française, la seule chose certaine pour les biologistes reste que la frontière entre l’homme et la femme est floue.

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