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Dimanche 19 Novembre 2017

SANTE - Publié le 28/04/2017 à 17:56


Arrêt cardiaque : les premières minutes sont décisives



Les chances de survie à long terme augmentent sensiblement avec l’intervention rapide d’un témoin de l’accident cardiaque.

En France, chaque année, 40.000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque. «Grâce au registre francilien qui couvre Paris et sa grande couronne (75, 92, 93 et 94), on a pu calculer que les chances de survie à trente jours étaient proches de 10 % en 2016, contre 6 % cinq ans plus tôt», explique au Figaro le Pr Éloi Marijon, cardiologue et spécialiste des troubles du rythme cardiaque à l’université Paris-Descartes.

C’est un peu mieux au Danemark, pays de 5,6 millions d’habitants où le taux de survie atteignait 12 % en 2013, d’après le registre national, contre 5 % en 2001. Dans l’intervalle, de grandes campagnes de formation aux gestes de réanimation permettant de faire repartir le cœur (massage cardiaque commencé par un témoin aussitôt après l’appel d’une équipe spécialisée, défibrillation si besoin) ont été menées dans le pays. Résultat: on est passé de 18 % d’interventions par un témoin en 2001 à 60 % en 2013, selon l’étude qui vient d’être publiée dans l’European Heart Journal. Un facteur clé de l’augmentation de la survie des victimes. Celle-ci augmente alors de 10 %.

«Grâce au ­registre francilien qui couvre Paris et sa grande couronne, on a pu calculer que les chances de survie à trente jours étaient proches de 10% en 2016, contre 6% cinq ans plus tôt.»
Le Pr Éloi Marijon, cardiologue et spécialiste des troubles du rythme cardiaque à l’université Paris-Descartes

«Il est important de noter que l’augmentation des gestes de réanimation par des témoins n’est pas la seule raison de cette amélioration», souligne cependant le Dr Tinne Tranberg, cardiologue à l’hôpital universitaire d’Aarhus (Danemark), qui a conduit les recherches sur le registre danois. «L’amélioration de la prise en charge par les services de secours d’urgence et les soins à l’hôpital peuvent expliquer ces résultats», ajoute-t-elle.

Car, depuis 2013, un consensus s’est formé au sein de la Société danoise de cardiologie pour que toutes les victimes d’arrêt cardiaque dont le cœur est «reparti» («arrêt cardiaque récupéré», dans le jargon médical) bénéficient rapidement d’un examen permettant de visualiser les artères nourricières du cœur (angiographie) et, si l’une d’entre elles est occluse, d’un geste permettant de rétablir le flux sanguin (angioplastie). Ce qui implique qu’ils soient amenés par les services de secours directement dans un hôpital disposant d’un plateau technique de cardiologie interventionnelle.

Prise en charge

En reprenant les 41.000 arrêts cardiaques rassemblés dans le registre danois entre 2001 et 2013, le Dr Tranberg et ses collègues ont observé que 16.000 patients étaient décédés sur place, 18.000  dirigés vers l’hôpital local et 7000 emmenés dans un centre de cardiologie interventionnelle, soit 29 % des survivants seulement. Or l’étude montre que l’éloignement en soi du centre n’influence pas significativement le taux de survie. «Une fois l’arrêt cardiaque récupéré, on peut se permettre de perdre un peu de temps pour aller jusqu’à un centre cardiologique particulièrement expérimenté», dit Éloi Marijon.

«Une fois l’arrêt cardiaque récupéré, on peut se permettre de perdre un peu de temps pour aller jusqu’à un centre cardiologique particulièrement expérimenté»
Le Pr Éloi Marijon, cardiologue et spécialiste des troubles du rythme cardiaque à l’université Paris-Descartes

«En France, le transfert vers un centre disposant d’une unité de cardiologie interventionnelle est déjà réalisé quasi systématiquement depuis plusieurs années», remarque le Dr Pierre Aubry, cardiologue à l’hôpital Bichat et à l’hôpital de Gonesse. «Mais il faut aussi tenir compte de la qualité du service de réanimation de l’hôpital, car la prise en charge après le passage dans une unité de cardiologie interventionnelle est un paramètre important dans la survie», ajoute-t-il.

Des premières minutes cruciales

Quelle que soit la qualité de l’hôpital où est transférée une victime d’arrêt cardiaque, les premières minutes sont cruciales. «Avant même le transfert dans un centre hospitalier, explique le Dr Aubry, le plus important reste la prise en charge initiale: la durée de l’arrêt cardiaque avant le premier massage et le temps mis pour récupérer un rythme cardiaque efficace.»

De quoi renforcer le poids du récent rapport des présidents de l’Association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, et de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Faure (nos éditions du 20 avril). Il vise à généraliser le nombre de citoyens formés aux gestes qui sauvent.

«Le plus important reste la prise en charge initiale : la durée de l’arrêt cardiaque avant le premier massage et le temps mis pour récupérer un rythme cardiaque efficace»
Le Dr Pierre Aubry, cardiologue à l’hôpital Bichat et à l’hôpital de Gonesse

«Actuellement, écrivent les auteurs du rapport, nous estimons raisonnablement que 800.000 personnes sont formées par an», dont 200.000 élèves de troisième. L’objectif est de porter ce nombre à 2 millions par an. Mais il ne s’agit là que du PCS1 (Prévention et secours civiques de niveau 1) ou équivalent, une formation en sept heures. Il faut y ajouter les personnes suivant des sessions moins complètes de deux heures (initiation aux gestes qui sauvent) où l’on apprend à «savoir alerter correctement les secours tout en se protégeant, pratiquer un massage cardiaque, utiliser un défibrillateur, arrêter une hémorragie et installer une victime en position d’attente». L’objectif est d’initier aux gestes qui sauvent 1.450.000 citoyens chaque année. Environ 120.000 l’avaient été en 2016, à titre expérimental.

Une ambition louable pour qui voudrait vraiment miser sur les citoyens. Car pour former 3.450.000 personnes par an, comme le préconise le rapport, il faudrait investir chaque année 57,75 millions d’euros.

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