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Dimanche 19 Novembre 2017

SANTE - Publié le 22/04/2017 à 17:41


Les édulcorants, un mirage face aux dangers de l’excès de sucre



Les médecins en sont de plus en plus convaincus : remplacer les aliments sucrés par leur version « light » ne marche pas. Ni contre l’obésité, ni contre le diabète.

L’excès de sucre reste un problème majeur pour la santé. Pourtant, le discours officiel n’a pas toujours été aussi pessimiste. Lorsque David Ludwig, désormais professeur de nutrition à la prestigieuse faculté de Harvard, a achevé ses études de médecine dans les années 1990, les régimes pauvres en graisse étaient le fer de lance des nutritionnistes américains. Depuis, le médecin a dû se rendre à l’évidence: «Toutes les calories ne se valent pas», et celles provenant du sucre font des dégâts considérables sur la santé lorsqu’elles sont prises en excès. Ce qui est le cas pour la plupart des consommateurs des pays industrialisés.

Les nutritionnistes ne suggèrent pas de cesser toute consommation de sucre, mais mettent en garde contre les sucres ajoutés ou cachés là où on ne les attend pas. Dans Toujours faim (éd. Marabout), le Pr Ludwig pointe du doigt l’industrie agroalimentaire: «L’une des causes les plus évidentes du problème est la consommation de produits hautement transformés - le pain, les céréales pour le petit déjeuner, les biscuits salés, les gâteaux, les biscuits sucrés, les sucreries et les boissons sucrées, qui, durant l’ère du “sans graisses”, ont été prônés par tous les régimes.»

«Comme tous les autres aliments, le sucre doit être consommé raisonnablement»
Béatrice de Reynal

Le danger de cette omniprésence est celui d’une consommation en excès. «Comme tous les autres aliments, le sucre doit être consommé raisonnablement», explique ainsi la nutritionniste Béatrice de Reynal dans Ouvrez l’œil avant d’ouvrir la bouche (Robert Laffont). Plus de la moitié de notre énergie quotidienne devrait être apportée par les glucides. Mais celles contenues dans le sucre de table ou les boissons sucrées ne valent pas les glucides complexes, présentes dans les féculents, le pain, les pommes de terre, etc. «Nous recommandons les sucres plus ou moins complexes afin qu’ils puissent distiller peu à peu leurs sucres simples au corps, durant toute la journée, précise Béatrice de Reynal. Les glucides complexes sont les gardiens de notre satiété.»

Les boissons sucrées et autres aliments riches en sucres simples, eux, provoquent rapidement un pic de glycémie, qui lui-même est le plus susceptible de provoquer un pic de sécrétion d’insuline. Cela permet d’abaisser la glycémie en faisant rentrer dans les cellules le glucose circulant dans le sang, mais cela a un prix: l’insuline va favoriser l’accumulation de graisse, puis la survenue d’un diabète lorsque à force d’être stimulées par l’insuline les cellules vont lui développer une résistance.

Quant aux édulcorants artificiels, ils ne sont pas la solution. Car s’ils peuvent satisfaire notre goût du sucré sans apporter de calories, ils ressemblent tellement au sucre que notre organisme déclenche les mêmes mécanismes! Cela ne fait désormais aucun doute pour Michel Desmurget, neurobiologiste et directeur de recherche Inserm, auteur de L’Antirégime, maigrir pour de bon (Belin): «Je crois que les données récentes (et indépendantes) sur les édulcorants de synthèse sont relativement claires , explique-t-il au Figaro. Suffisamment en tout cas pour que je cesse du jour au lendemain toute consommation, moi qui buvais auparavant jusqu’à 1,5 litre de soda light par jour! Les édulcorants de synthèse stimulent l’appétit et perturbent le microbiote intestinal.»

«Les édulcorants de synthèse stimulent l’appétit et perturbent le microbiote intestinal»
David Ludwig, professeur de nutrition à Harvard

«Les édulcorants artificiels peuvent stimuler la sécrétion d’insuline, les calories étant alors acheminées vers les cellules graisseuses et la sensation de faim étant augmentée», ajoute le Pr Ludwig. Une autre équipe de Harvard vient de publier une étude montrant que l’aspartame, édulcorant de synthèse largement utilisé, diminuait au niveau de l’intestin une enzyme, la phosphatase alcaline intestinale, dont le rôle est précisément de protéger contre le syndrome métabolique (surpoids, intolérance au glucose, etc.). Selon le Pr Richard Hodin et ses collègues, «cela pourrait expliquer l’absence de perte de poids et d’amélioration du métabolisme que l’on espérait avec les boissons light».

«Chez nos ancêtres les chasseurs-cueilleurs, les apports en glucides représentaient 40% des apports énergétiques totaux, et sans sucres raffinés évidemment!», explique le Dr Laurent Chevallier, nutritionniste et auteur de Alors, on mange quoi? Le guide du bon sans toxique (avec Claude Aubert, Fayard). «Le sucre, qui n’était autrefois présent que dans les fruits, certains légumes et le miel, est aujourd’hui omniprésent. Actuellement, on estime que sur 100 grammes de glucides consommés, seulement 30 grammes sont issus des aliments naturels, le reste provenant de sucres ajoutés, essentiellement dans les produits industriels, et directement à domicile dans les yaourts et autres laitages, ou les boissons comme le café…» Un problème d’autant plus important que notre activité physique n’est en rien comparable à celle de nos ancêtres. «Un mammifère qui réduit son activité réduit normalement son alimentation», remarque Laurent Chevallier. Mais «avec les exhausteurs de goût (sucré, salé, glutamate…), les industriels cherchent à faire manger toujours plus!»

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