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Vendredi 17 Novembre 2017

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:39


L’excès de sport nuit à la libido des hommes



Une pratique sportive intensive épuiserait l’organisme masculin.

Vous enfilez vos chaussures de course tous les matins pour parcourir 10 kilomètres? Vous avalez 200 kilomètres par semaine sur votre vélo? Ne vous étonnez pas si votre appétit sexuel vous semble quelque peu en sommeil… Les sports d’endurance comme la course à pied ou le vélo, pratiqués de manière intensive, auraient, en effet, un effet négatif sur la libido, révèle une étude publiée sur le site de la revue Medicine & Science in Sports and Exercise.

Les chercheurs de l’université de Caroline du Nord, aux États-Unis, ont soumis plus de 1000 hommes à un questionnaire sur leurs habitudes sexuelles et sportives, notamment sur la durée et l’intensité de leurs entraînements. La plupart des participants pratiquaient la course à pied ou le vélo. Les résultats montrent que ceux qui s’entraînaient le plus longuement et le plus intensément avaient une libido réduite. À l’inverse, les hommes qui avaient une activité physique légère ou modérée avaient des niveaux de libido plus élevés.

Le corps fait des choix en permanence

Les chercheurs n’expliquent pas la nature du lien qu’ils viennent d’établir. Ils suggèrent un impact de l’activité physique sur le taux de testostérone, et donc sur la libido ou sur la fertilité. «Les spécialistes de la fertilité interrogent souvent les femmes sur leur pratique sportive. Selon nos données, nous pensons qu’ils devraient aussi interroger les hommes», conclut le Pr Anthony Ackney, l’un des auteurs de l’étude.

Les résultats de cette étude n’étonnent pas vraiment le Pr Jean-François Toussaint, directeur de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes, à l’Insep), qui explique que le corps fait des choix en permanence. «Lorsqu’on réalise des efforts intenses et soutenus, l’organisme et ses cellules réorientent préférentiellement les voies de production énergétique vers l’option choisie, l’exercice, et moins vers les autres.»

Preuve de ce phénomène, le dérèglement des cycles menstruels chez les femmes très sportives: chez les meilleures marathoniennes mondiales, l’aménorrhée (absence de règles) est fréquente. Mais ce phénomène est transitoire, réversible et sans conséquence sur le long terme ni sur les maternités. «Selon les études menées à l’Irmes, lorsqu’elles décident d’arrêter l’entraînement pour concevoir un enfant, elles sont enceintes dans les quelques mois qui suivent ; preuve que le corps est tout aussi “performant” dans ce domaine», rassure le professeur Jean-François Toussaint, qui ajoute: «Ces mécanismes, associés à la longévité plus grande des athlètes de haut niveau, commencent à nous faire mieux comprendre les relations intimes entre performance et survie.»

Ce qui vaut pour les sportifs de haut niveau s’applique-t-il à des sportifs amateurs? Sans doute, mais dans une moindre mesure. «Lorsque les gens rentrent du boulot fatigués, leur libido n’est pas forcément au top. C’est un peu la même chose avec les personnes surentraînées, elles sont fatiguées, manquent de tonus physique et psychique, et leur libido en pâtit», explique le Dr Antoine Faix, urologue et sexologue, responsable du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’association française d’urologie.

Culturisme

Ce dernier met également en garde contre la prise de testostérone chez les jeunes hommes adeptes du culturisme. Cet apport extérieur de testostérone va en effet mettre les testicules au repos, le cerveau signalant que le taux de l’hormone sexuelle est atteint. «Ensuite, lorsque ces jeunes hommes arrêtent ces produits dopants, la commande hormonale ne fonctionne plus», affirme le Dr Antoine Faix. Mais nous sommes ici dans un effet pervers lié au sport et non dans une conséquence directe d’une pratique sportive.

Il n’est pas pour autant question de jeter ses tennis ou de ranger son vélo. Car, comme le rappelle l’étude, pratiquer une activité physique, même d’endurance, préserve la libido, à condition de savoir doser son investissement. Le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat à Paris, rappelle que la libido est une délicate alchimie qui se crée lors de la rencontre entre la capacité à anticiper le désir, celle à investir l’instant présent et celle à trouver des qualités dans l’autre.

«Le sport a surtout des effets positifs. Il nous aide à avoir une meilleure estime de soi et c’est un grand fournisseur d’endorphines et autres molécules de la bonne humeur», rappelle l’auteur des Quatre Saisons de la bonne humeur. Et il ne voudrait surtout pas envoyer un message négatif sur le sport car, rappelle-t-il, «à l’heure actuelle, nous sommes beaucoup plus malades de la sédentarité que de l’excès d’exercice physique même léger ou modéré».

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