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Mardi 26 Septembre 2017

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:36


Bondage, sado-masochisme : ces jeux érotiques qui sentent le soufre



La sortie au cinéma du deuxième volet de la romance sadomasochiste «50 nuances plus sombres» soulève à nouveau la question de la normalité de certaines pratiques érotiques.

Désormais lorsqu’un homme achète des roses, on se demande si c’est pour les pétales ou pour les épines! Après avoir longtemps assimilé à la perversion ou au sadisme sexuel, la sexualité «BDSM», acronyme de Bondage (Liens, NDLR)/Discipline-Domination/Soumission-Sadisme/Masochisme, est en voie de normalisation. Du moins pour les juristes et les spécialistes de la santé mentale. «Il n’y a plus de raison valable de continuer à identifier le sadomasochisme à un trouble mental potentiel», remarque la canadienne Ummni Khan, professeur de droit de l’université Carleton (Ottawa, Canada) dans la revue Current Sexual Health Reports.

Il est vrai que toutes les hypothèses inquiétantes ont été une à une invalidées par les études scientifiques menées ces vingts dernières années. Auparavant, les sources étudiées étaient essentiellement criminelles se qui biaisait sérieusement l’analyse. Non, cette sexualité n’est pas la conséquence de violences sexuelles ou autres subies dans l’enfance. Non, les adeptes du BDSM ne sont pas mentalement perturbés. En tout cas ni plus ni moins que les non-pratiquants, selon une étude menée par des psychologues de l’université de Tiburg (Pays-Bas) et publiée dans le Journal of Sexual Medicine. «On imagine souvent le BDSM comme «centré sur la douleur» alors que c’est davantage une affaire de jeux autour du pouvoir et de l’humiliation», notaient les auteurs.

«Je ne jouerai pas avec Mr Grey, il est phallocentrique et violent!»
Betony Vernon

Jouer, c’est aussi le terme employé par la designer Betony Vernon, pratiquante et auteur de «La bible du boudoir», ouvrage de référence pour les débutants, interviewée par Le Figaro il y a deux ans à l’occasion de la sortie du premier volet de «50 nuances de Grey» au cinéma. Notons au passage que pour Betony, «Monsieur Grey n’est pas quelqu’un avec qui je jouerais, il est phallocentrique et violent! il y a au moins quatre scènes qui ne sont pas du BDSM mais des viols dans la trilogie!». Le consentement (renouvelé) du partenaire «soumis» étant la frontière indiscutable et infranchissable qui signe la limite du jeu érotique. En 2010, la sociologue américaine Staci Newmar, proposait de requalifier le sadomasochisme de «loisir sérieux».

Une étude menée à l’université de Padoue (Italie) à partir d’entretiens avec 24 femmes et 26 hommes adeptes du BDSM montre que la plupart «construisent leur sexualité comme un jeu avec des régles précises associant le plaisir à une expérience extrêmement intense» et qu’ils considèrent cela comme normal, «dans la mesure où ils sont tous les deux à l’aise avec ce qu’ils font, en dépit de l’asymétrie significative des rôles de dominant et de dominé». Le plaisir de l’autre, bien que dans un rôle complémentaire, donnant le sens positif à l’expérience. Pour ces pratiquants, «les fantasmes et pulsions violents, sont considérés comme presque normaux, naturellement présent en chacun de nous, parfois latents, parfois exprimés», remarquent les chercheurs italiens.

L’effet «50 nuances de Grey» palpable en Australie

Au décours de la grande étude nationale australienne, menée en 2001-2002, auprès d’un échantillon représentatif de 19 300 personnes âgées de 16 à 59 ans, le Pr Juliet Richters (Université de Sidney), montrait que la pratique du BDSM concernait 1,3% des femmes et 2,2% des hommes, sans qu’ils ne présentent plus de problèmes psychopathologiques que les autres. L’étude a été renouvellée en 2012-2013 et les chiffres ont un peu augmenté: 1,6% des femmes et 2,6% des hommes ont expérimenté le BDSM. «On peut aussi voir que le nombre de pratiquants de jeux de rôle (ou basés sur des costumes) a doublé depuis l’enquête précédente, explique-t-elle au Figaro, et je suppose que c’est un effet 50 nuances de Grey».

Il n’empêche que la culpabilité ou la honte peuvent aussi se mêler à cette sexualité encore largement stigmatisée. «Même les femmes qui s’estiment explicitement ouvertes sur la plan sexuel, estiment que cette sexualité est personnellement dégradante et associée à des instincts animaux», remarquent des chercheurs de l’université de Bari (Italie) . Mais l’étude ne dit pas si c’est précisément là que se niche l’excitation.

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