ACCUEIL | FLUX RSS
Mercredi 17 Octobre 2018

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:24


L’hypersexualité est-elle une maladie ?



Sex addict ? Nymphomane ? Obsédé sexuel ? Les mots ne manquent pas pour parler d’hypersexualité mais la définition du trouble est plus délicate qu’il n’y paraît.

Êtes-vous Sex addict? Les mots varient selon les époques pour définir l’excès des sens. À la fin du XIXe siècle le Dr de Bienville parlait de «fureur utérine» mais les sexologues modernes se sont efforcés de mieux définir ce qu’était l’hypersexualité: Tout d’abord un manque de contrôle sur des pensées sexuelles intenses et récurrentes, des envies ou des comportements sexuels pressants, ne suffisent pas pour poser le diagnostic. Encore faut-il que cela ait des répercussions sur la vie quotidienne ou soit source de souffrance pour soi ou les proches.

Le fait que ces pensées ou comportements envahissants soient une réponse à des troubles de l’humeur (anxiété, dépression, ennui, irritabilité) ou au stress, peut aussi entrer dans les critères d’hypersexualité. Ainsi définie, «la maladie» a failli entrer dans le manuel de référence de psychiatrie américain, le DSM-5, en 2013, mais elle a été écartée faute d’un nombre suffisant d’études convaincantes pour l’étayer. Même le mécanisme physiopathologique à l’origine de l’hypersexualité demeure incertain. Désordre neurobiologique avec une activation anormale du système de récompense cérébrale lié à l’activité ou aux pensées sexuelles? Variante d’un tempérament obsessionnel compulsif? Effet indésirable d’un médicament (amphétamines, L-Dopa donnée dans la maladie de Parkinson notamment) ou de drogues? Manière de gérer des émotions négatives (anxiété, stress, tristesse,etc) ou sa fragilité (isolement, manque d’estime de soi, etc)?

Des conséquences majeures sur la vie de couple

Dans une étude publiée en 2012 dans le Journal of sexual medicine, le Pr Rory Reid, de l’université de Californie à Los Angeles, avait, avec ses collègues, étudié l’histoire de 152 patients hypersexuels. Il s’agissait essentiellement d’hommes (seulement 8 femmes) âgés en moyenne de 41 ans et majoritairement hétérosexuels (84%). Si la moitié d’entre eux se plaignait épisodiquement, pour l’autre moitié l’hypersexualité était permanente. De plus, les troubles s’étaient manifestés avant l’âge de 18 ans pour 54%, entre 18 et 25 ans pour 30% ce qui en fait un désordre d’apparition précoce. Parmi les conséquences (répétées) de l’hypersexualité, la fin d’une relation de couple concernait 16% des personnes interrogées. Mais d’autres conséquences sont encore plus répandues: une incapacité à avoir des relations sexuelles équilibrées (67%), une légère altération de la santé mentale (73%) et une (ou un) partenaire amoureuse blessée émotionnellement (68%).

Pas seulement une question de quantité de sexe

Ce qui est sûr c’est que la «quantité» d’activité ou de pensées sexuelles ne suffit pas à déterminer l’hypersexualité. Les tentatives de définir ce qui constituerait un volume «normal» de sexe sont vouées à l’échec. Il s’agit davantage d’une norme sociale que d’une réalité physiologique. De la même façon que le désir sexuel est parfois assimilé, à tort, à un besoin vital (type boire, manger, dormir, respirer). Une nouvelle étude sur 510 personnes, publiée dans les Archives of sexual behavior, réalisée par le Pr Michael Walton avec ses collègues de l’université de Nouvelle Angleterre à Amidale en Australie, montre par exemple que se baser sur l’activité sexuelle (nombre de fantasmes, masturbations, flirts, baisers, et rapports sexuels) n’est pas prédictif d’hypersexualité. Finalement, les sexologues en sont réduits, ce qui semble raisonnable, à prendre en charge ceux qui souffrent d’une sexualité envahissante, quel qu’en soit le degré. Ce n’est qu’après avoir démêlé, au cas par cas, le contexte de cette hypersexualité que la thérapie pourra commencer.

Une ville américaine s'oppose à la première maison close de robots
Avec le Brexit, risque d'une pénurie de sperme au Royaume-Uni
De l'influence des textos sur les relations amoureuses
Quand on veut être père, mieux vaut porter le caleçon
Gonorrhée : espoir pour un nouveau traitement
Sites de rencontres : hommes et femmes n'auraient pas les mêmes exigences de niveau d'instruction
Sperme dégradé, puberté précoce: des causes probablement environnementales
Manger des noix améliore la qualité du sperme
Au Cambodge, une blogueuse féministe brise les tabous du sexe
Le transsexualisme ne doit plus être considéré comme une maladie mentale, dit l'OMS
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
Cap sur Mercure et ses mystères pour deux sondes spatiales
Un robot invité à parler d'intelligence artificielle devant des députés britanniques
Japon: sentir l'humain, assis, couché, dans son bain, au travail...
Climat: le monde a atteint un point de non retour, selon Ban Ki-moon
Les deux rescapés de Soyouz racontent leur atterrissage d'urgence
 LES PLUS LUS 
Kenya: huit rhinocéros morts après avoir été changés de parc
Puces Intel: des chercheurs découvrent une faille de sécurité
Comment limiter le temps d'exposition aux écrans des enfants ?
Des tombes de l'époque romaine découvertes dans un village palestinien
Le binge drinking peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires
Au coeur de l'Amazonie, vivre dans la plus grande jungle du monde
La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe
Le plus vieux fromage jamais trouvé aurait été déterré en Égypte
En Bosnie, des cheveux sur mesure et gratuits pour les enfants cancéreux
Le génome complet du blé tendre séquencé pour la première fois
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2018 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.056 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.