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Vendredi 17 Novembre 2017

SEXO - Publié le 22/04/2017 à 16:21


La sécheresse intime de la ménopause trop peu soignée



De nombreuses femmes ignorent encore que la sécheresse vaginale n'est pas une fatalité.

Dix à quatorze millions de femmes sont ménopausées en France. C'est dire si les problèmes propres à cette période de la vie d'une femme (qui couvre un tiers de son existence) sont loin d'être anecdotiques. Pourtant, un grand silence et beaucoup d'ignorance continuent d'accompagner l'un des symptômes majeurs de cette perturbation hormonale: la sécheresse vaginale.

Le laboratoire pharmaceutique Pfizer, partie prenante dans l'affaire puisqu'il commercialise des traitements hormonaux pouvant être prescrits pour atténuer ces troubles et s'apprête à en lancer un nouveau, a sondé une centaine de gynécologues libéraux et 504 femmes âgées de 45 à 65 ans*. Il en ressort que les femmes, bien que largement touchées, sont assez mal informées sur les symptômes et les options de soin.

Un effet visible

Parmi les symptômes de sécheresse intime connus du grand public, les irritations arrivent en premier (connues de 52% des sondées), devant les brûlures (37%), les démangeaisons (23%), les rougeurs (7%) et les saignements (1%). Les conséquences en termes de santé sont également floues pour beaucoup: si la sécheresse vaginale est synonyme de douleurs pendant un rapport sexuel pour 75% des femmes interrogées, seulement 11% savent qu'elle peut causer des troubles urinaires.

«À la ménopause, la production d'œstrogènes diminue. La vulve et les parois vaginales deviennent alors plus fines et moins élastiques, l'orifice vulvaire et le canal vaginal rétrécissent visiblement. Il peut y avoir un déséquilibre de la flore vaginale causant de l'inconfort et parfois de mauvaises odeurs», détaille le Dr Brigitte Letombe, gynécologue médical au CHRU de Lille, invitée par le laboratoire Pfizer à commenter ces résultats.

Ces désagréments sont fréquents: selon les gynécologues interrogés, ils toucheraient 6 patientes ménopausées sur 10. Et pourtant, seulement la moitié d'entre elles auraient reçu un traitement, et 4 sur 10 n'en ont même jamais parlé à quiconque. Certaines expliquent cette discrétion parce qu'elles ignorent qu'il existe des options thérapeutiques (et pas uniquement hormonales), d'autres parce qu'elles ont peur… de déranger leur médecin! «La santé vaginale, c'est du domaine de la médecine, martèle le Dr Letombe. Le gynécologue ou le médecin généraliste doit donner à sa patiente la possibilité de s'exprimer en l'interrogeant à ce sujet». Certains praticiens craignent, surtout les hommes, de paraître intrusif, remarque Alain Giami, psychosociologue (Inserm) également convié par l'industriel à commenter le sondage. «Ce n'est pas le cas. Une atrophie vaginale, cela se voit. C'est le moment d'en parler. Mais si la patiente refuse d'en parler, bien sûr, il faut le respecter», concède le Dr Letombe.

Vie de couple

Selon la sévérité des symptômes de la patiente, plusieurs options thérapeutiques sont possibles pour soigner la sécheresse vaginale: des produits hydratants; des lubrifiants (à utiliser juste avant un rapport); enfin, sauf pour celles ayant ou ayant eu un cancer hormono-dépendant, des traitements à base d'œstrogènes, soit pour une application locale (gel, ovule, crème et bientôt un anneau) soit systémique (c'est le traitement hormonal de substitution prescrit également contre les bouffées de chaleur). Maintenir une bonne hygiène de vie en arrêtant de fumer et en maîtrisant sa prise de poids contribue aussi à améliorer l'état de santé de la patiente, ajoute le Dr Letombe.

Paradoxalement, les femmes interrogées disent prêter davantage attention à leurs seins ou à leurs articulations qu'à leur santé vaginale, alors même que la période d'activité sexuelle au cours de la vie ne cesse de se prolonger. Or la sécheresse vaginale peut sévèrement nuire à l'harmonie du couple en sapant l'estime de soi de la personne touchée, pointe le Dr Marie-Hélène Colson, sexologue. «Dans un premier temps, la femme se force à maintenir des rapports sexuels malgré la douleur. Puis la gêne prend le dessus et elle entre dans une logique d'évitement du rapport. Elle se sent mal, vieille, et inconsciemment, pour ne pas susciter le désir, peut en venir à prendre moins soin d'elle et à limiter les gestes tendres envers son partenaire. Qui en retour se sent rejeté mais ne fait pas nécessairement le lien avec ce problème physiologique». Autant de raisons pour aborder le sujet en consultation.

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