ACCUEIL | FLUX RSS
Dimanche 24 Mars 2019

SANTE - Publié le 22/04/2017 à 15:23


Du venin d’araignée peut protéger le cerveau après un AVC



Les dommages provoqués sur le cerveau après un accident vasculaire cérébral pourraient être évités grâce à une protéine présente dans le venin d’une araignée.

Un AVC se produit toutes les 4 minutes en France et il s’agit de la seconde cause de mortalité mondiale. Chaque année, 6 millions de personnes meurent dans le monde à la suite d’un accident vasculaire cérébral, et 5 millions d’autres vivent avec des séquelles à vie. Car s’il n’est pas pris en charge rapidement, un AVC endommage de façon irréversible de larges zones du cerveau . Or aucun médicament ou traitement n’existe aujourd’hui pour protéger de ce type de lésions neuronales.

L’espoir va peut-être venir d’une origine assez surprenante. En séquençant l’ADN du venin d’une très dangereuse araignée australienne, des chercheurs de l’Université de Queensland ont réussi à isoler une molécule qui permet de réduire les dommages sur les neurones.

Jusqu’à huit heures après l’AVC

Dans leurs travaux, publiés dans la revue PNAS, les chercheurs montrent comment la protéine Hi1a, présente dans le venin de l’araignée australienne Hadronyche infensa, est en quelque sorte capable de bloquer le mécanisme qui amène aux lésions neuronales en agissant au niveau du canal ionique 1a.

Dans une étude antérieure, une autre protéine provenant du venin d’une tarentule avait été étudiée sur les rats et avait montré un effet neuroprotecteur. Les chercheurs avaient démontré que l’injection d’une petite dose du venin, entre 2 et 4 heures suivant un AVC réduisait de 70 à 50% le volume de l’infarctus cortical. Mais rien ne donnait de résultats satisfaisants au-delà des 4 heures. Or, 60% des victimes n’atteignent la salle des urgences que 2 heures après le début de l’accident et les soins nécessaires sont souvent dispensés bien plus tard.

La nouvelle protéine, Hi1a accorderait donc plus de temps et plus de chances au cerveau car Hi1a peut, elle, «protéger» le cerveau jusqu’à 8 heures après l’AVC. Hi1a a pour l’instant été testé in vitro sur des cultures de neurones puis in vivo sur des rats dont l’AVC a été provoqué chimiquement. La viabilité des cellules a été de 77% dans le premier cas et de 68% dans le second. De ce fait, les animaux traités au Hi1a ont montré une forte réduction des déficits neurologiques et moteurs. De plus, aucun effet secondaire n’a été observé sur les rats dans le 72h suivant le traitement. «Nous travaillons actuellement à réunir les fonds nécessaires pour financer des essais cliniques afin de pouvoir commercialiser rapidement ce traitement prometteur», a précisé à l’AFP le professeur Glenn King, auteur de l’étude.

Des venins méconnus et peu exploités

Les venins disposent d’un grand potentiel pour de nouveaux traitements. Néanmoins, ils sont encore souvent méconnus et très peu exploités. Les toxines présentes chez certains animaux pourraient, à terme, constituer de nouveaux médicaments. Pour preuve, une nouvelle banque de données a récemment été ouverte sous le nom de Venomics. Celle-ci se concentre sur les venins destinés exclusivement à la recherche médicale dans l’espoir de nouveaux traitements.

Soyez le premier à commenter cet article!

Laisser un commentaire

  • Maximum 250 caractères


Un régime alimentaire pauvre en calories aide à réguler le système immunitaire
La pratique d'un sport en équipe associée à une réduction des risques de dépression chez les garçons de 9-11 ans
Journée nationale du sommeil : comment trouver son rythme idéal ?
Poissons panés: trop d'additifs, d'arômes et de sucres ajoutés, dénonce la CLCV
Ebola en RDC: un cas confirmé à Bunia, une des grandes villes de l'Est
Les lingettes contenant un conservateur toxique ne doivent pas être utilisées sur les fesses des bébés
Papillomavirus: appel pour la vaccination des filles mais aussi des garçons
Possible d'éradiquer la tuberculose en 25 ans, avec de l'argent
Boire du thé très chaud augmente les risques de cancer de l'œsophage
La grippe à l'origine de 7.200 décès, l'épidémie bientôt terminée
 Publicité 
 LES PLUS RÉCENTS 
La Nasa diffuse des photos du grand météore que personne n'avait vu
Canada: un T-Rex découvert en 1991 est le plus grand au monde
Pourquoi nos messages aux extraterrestres restent sans réponses ?
Les requins, une famille plus menacée que prévu
Un régime alimentaire pauvre en calories aide à réguler le système immunitaire
 LES PLUS LUS 
Beurk ou miam? La différence est plus dans la tête que dans l'assiette
Dans la violente Ciudad Juarez, réhydrater des cadavres pour les identifier
Une technique de poterie millénaire remise au goût du jour contre le gaspillage de l'eau
En Saône-et-Loire, une usine change les déchets en biogaz
Qu'est-ce que tu veux pour Noël? Un test ADN!
L'UE sans plastiques à usage unique en 2021
Voix éraillée, robe balafrée: en France, un centre de soins pour cloches blessées
Indonésie: l'incroyable odyssée d'un enfant handicapé pour aller à l'école
En Chine, le marsouin du Yangtsé en survie précaire hors du fleuve
Nos choix de carrière influencent notre personnalité
 Publicité 
 En image 
 Publicité 
2011-2019 © Aux Frontières de la Science. Crédits photos: istockphoto. Page générée en 0.033 secondes. Blog d'actualités scientifiques réalisé par des passionnés.