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Mercredi 21 Août 2019

PLANETE - Publié le 22/05/2015 à 17:58


Découverte: le premier poisson au sang chaud



Le lampris est le seul poisson capable de réchauffer son sang en permanence, dans l'ensemble de son corps, d'après une étude américaine publiée par Science. Avantage: il voit mieux et nage plus vite, ce qui en fait un prédateur redoutable malgré son apparence ronde et placide.

Les profondeurs des océans n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Outre des monstres hideux aux dents pointues, on y trouve aussi des merveilles de l'évolution. Dernière découverte en date: le poisson a sang chaud. Une première, d'après une étude de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) publiée dans le journal Science, ce jeudi. Cette caractéristique ferait du Lampris guttatus un prédateur efficace et rapide quand il chasse par quelques centaines de mètres de fond. 

Ce poisson rond et argenté, pouvant mesurer jusqu'à deux mètres de long, est capable de maintenir sa température interne supérieure de 5 degrés Celsius par rapport à la température de l'eau. Or cette chaleur relative "accélère les processus physiologiques dans son corps", explique Nicholas Wegner, biologiste à la NOAA, à Science. "Ses muscles se contractent donc plus vite, sa vision s'adapte rapidement, ses transmissions neuronales sont plus rapides", énumère-t-il. 

Mieux que les thons et les requins

Bref, le lampris (ou opah) a beau "ressembler à un gros frisbee au regard étonné", il peut concurrencer thons, requins et autres poissons au profil de "torpilles", commente National Geographic. Il fait même mieux. Ces autres chasseurs des profondeurs peuvent "réchauffer" temporairement certains organes (yeux et muscles de propulsion) quand ils chassent en profondeur, au dépens d'organes vitaux moins irrigués: ils doivent alors remonter à la surface régulièrement pour éviter que leur organisme ne se bloque. Le lampris, lui, n'en a pas besoin, grâce à son sang chaud.  

Comment fait-il? Il bat très vite des nageoires, réchauffant ses muscles et le sang qui y circule. Ce sang "chaud" retourne vers les branchies par des vaisseaux qui - la nature est bien faite - sont en contact avec les vaisseaux qui transportent le sang froid et réoxygéné. Ce sang se réchauffe. La chaleur est ainsi "recyclée" grâce à cet "échangeur de chaleur à contre-courant". Une première pour un poisson.  

Le lampris est donc pour l'heure une exception. La NOAA souhaite désormais se pencher sur le cas de son cousin des mers du sud, le Lampris immaculatus, qui vit dans des eaux encore plus froides. Donc où le sang chaud serait un avantage concurrentiel encore plus efficace. 

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