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Jeudi 2 Avril 2020

SANTE - Publié le 13/04/2015 à 15:02


Parkinson : trop de ruptures de soins liées aux effets secondaires des médicaments




Les traitements contre cette affection neurologique entraînent des effets secondaires parfois handicapants.

Avec 25.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, la maladie de Parkinson n'est pas une pathologie rare. Cette affection neurodégénérative se traite bien, mais au prix d'effets secondaires parfois difficilement supportables. Résultat: ils sont la première cause de ruptures de soins, comme le révèle une étude menée par France Parkinson à l'occasion de la Journée mondiale dédiée à cette maladie, le 11 avril.

Une personne malade sur trois affirme avoir déjà interrompu son traitement et dans 45 % des cas cette rupture était liée aux effets secondaires, devant l'aggravation de la maladie, l'apparition d'une autre maladie et un deuil, selon ce sondage. «La maladie est très handicapante et c'est pourquoi nous sommes prêts à supporter les inconvénients des médicaments», raconte Danielle Vilchien, malade et membre de l'association de France Parkinson. Mais ce choix n'est pas toujours facile. «J'endure des effets secondaires gastro-intestinaux très pénibles car mon objectif est de continuer à marcher, poursuit-elle. Mais un de mes proches a préféré arrêter. Il prenait le même médicament que moi, et il a développé un délire de persécution qui l'a mené au bord du suicide. Aujourd'hui, il est plus handicapé que moi alors que sa maladie est plus récente.»

Ce témoignage illustre toute la problématique de la maladie et de sa prise en charge: trouver le médicament adapté et à la bonne dose pour chaque malade.

Accros aux jeux

La maladie de Parkinson est caractérisée par la destruction de neurones, spécialisés dans la fabrication de dopamine, un neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements du corps. Le tremblement est le symptôme le plus connu mais il en existe bien d'autres tout aussi invalidants comme la lenteur du mouvement, la sensation de raideur, les difficultés à écrire ou encore les douleurs. Le traitement va consister à fournir au cerveau la dopamine nécessaire. «C'est un traitement de substitution, comme l'insuline chez le diabétique. La L-Dopa qui va rétablir les concentrations en dopamine est bien supportée. Mais son dosage n'est pas toujours bien adapté, d'autant plus que sa durée d'action est faible», explique le professeur Yves Agid, neurologue à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière à Paris. Les prises de médicaments se font plusieurs fois par jour, à heures fixes, ce qui n'est pas simple à gérer. Puis, au bout de cinq ou huit ans de traitement, la L-Dopa va être responsable de mouvements incontrôlés ou dyskinésie.

Les agonistes dopaminergiques, autre classe de médicaments également prescrite dans la maladie de Parkinson sont moins fréquemment à l'origine de dyskinésie mais ils ne sont pas pour autant dénués d'effets secondaires. Ces molécules ont défrayé la chronique et été au centre de procès car les malades étaient devenus accros aux jeux, au sexe… «15 % des patients sous ces traitements sont concernés. Ces troubles de contrôle de l'impulsion sont le prix à payer pour l'effet psychostimulant bénéfique de ces molécules», explique le professeur Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes.

Comme le rappellent les spécialistes, la prise en charge de la maladie nécessite du savoir-faire et du doigté pour naviguer entre le handicap lié à la maladie et les effets secondaires des traitements. Notamment chez des gens encore actifs. Car contrairement à une idée répandue, la maladie touche de «jeunes seniors» puisqu'elle débute en moyenne à 58 ans.

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